Le mouvement politique fondé par le député européen Emmanuel Maurel, connu sous le nom de « Gauche populaire », prendra part à la primaire organisée par le Parti socialiste (PS) et Place Publique en vue de l'élection présidentielle de 2027. L'information a été confirmée ce mercredi 26 août 2026 par les instances dirigeantes du mouvement, qui ont salué une « avancée décisive » pour l'union de la gauche.
Une participation actée après des semaines de discussions
Selon un communiqué publié par la Gauche populaire, la décision a été entérinée à l'unanimité lors d'un conseil national réuni en visioconférence. Les discussions avec le PS et Place Publique avaient débuté au printemps dernier, dans l'objectif de bâtir une candidature commune capable de « rassembler au-delà des appareils ». Emmanuel Maurel, qui siège au Parlement européen depuis 2019, avait conditionné sa participation à des garanties sur le contenu du programme, notamment sur les questions de justice fiscale et de transition écologique.
Le mouvement, qui revendique environ 5 000 adhérents, rejoint ainsi les deux formations déjà engagées dans ce processus. Cette annonce intervient alors que les sondages donnent la gauche au coude-à-coude avec le camp présidentiel pour le second tour, avec des intentions de vote oscillant entre 27 % et 29 % selon les enquêtes récentes.
Un calendrier serré pour désigner le candidat
La primaire se déroulera en deux tours, les 8 et 15 novembre 2026, avec un scrutin ouvert à tous les électeurs inscrits sur les listes électorales, comme convenu par les partenaires. Les candidatures devront être déposées avant le 15 octobre, et chaque postulant devra recueillir le parrainage d'au moins 150 élus locaux ou nationaux. Emmanuel Maurel n'a pas encore officialisé sa propre candidature, mais plusieurs de ses proches n'excluent pas qu'il se présente, soulignant son expérience des campagnes électorales.
« C'est une étape importante pour la crédibilité de notre camp, a déclaré un porte-parole de la Gauche populaire. Nous allons maintenant travailler avec nos partenaires pour élaborer un projet commun, sans renoncer à nos convictions. » Cette déclaration fait écho aux propos tenus par le premier secrétaire du PS, qui avait appelé à « une primaire ouverte et rassembleuse » lors de son discours de rentrée politique.
Une dynamique qui bouscule la gauche radicale
Cette participation pourrait toutefois compliquer les tractations avec La France insoumise (LFI), qui a jusqu'ici refusé de rejoindre le processus. Selon plusieurs observateurs, l'arrivée de la Gauche populaire renforce le poids de l'aile gauche du PS, ce qui pourrait rendre plus difficile un accord avec le parti de Jean-Luc Mélenchon. Toutefois, les dirigeants de la Gauche populaire assurent que cette décision ne ferme pas la porte à d'autres forces politiques, et que des discussions restent possibles avec les écologistes et les communistes.
En attendant, les militants du mouvement préparent une tournée de meetings dans les régions, avec une première étape prévue à Lyon le 12 septembre. L'objectif affiché est de porter leur projet au sein de la primaire et d'influencer le débat programmatique, notamment sur la réforme des retraites et la planification écologique.
La primaire du PS et de Place Publique s'annonce donc comme un moment clé de la séquence politique de l'automne, avec des conséquences directes sur la configuration de la gauche pour l'élection présidentielle de 2027. Les électeurs de gauche devront trancher entre plusieurs profils, et la participation de la Gauche populaire pourrait faire pencher la balance vers une ligne plus sociale et souverainiste.



