Présidentielle 2027 : Place Publique à l'assaut du terrain varois à Toulon
Place Publique à l'assaut du terrain varois à Toulon

Sur le marché du cours Lafayette à Toulon, les militants de Place Publique ont mené ce samedi une opération de promotion de la candidature de Raphaël Glucksmann à la présidentielle. Leur objectif : convaincre des électeurs partagés entre curiosité, indifférence et hostilité, alors que le candidat a officialisé sa candidature dimanche dernier sur TF1.

Un défi de taille dans le Var

« Raphaël qui ? Je ne connais pas… » Cette réaction, entendue sur le marché, illustre l'ampleur de la tâche pour les militants varois. Elsa Nardini, co-responsable départementale de Place Publique dans le Var, reconnaît que « ça sera difficile dans le Var ». Elle explique vouloir apporter « une alternative aux politiques actuelles » et « à la politique des extrêmes dont on a vu la violence ailleurs dans le monde ».

Pour elle, Raphaël Glucksmann, qui devra passer l'étape de la primaire à gauche en octobre, est une « personnalité capable de rassembler » sur des valeurs « européennes, progressistes, humanistes et écolos ». Pascal Colin, également co-référent du parti dans le Var, défend son bilan : « Il a fait des progrès. Lors du débat du Medef, il s'en est même plutôt bien sorti en étant incisif avec Marine Le Pen, Édouard Philippe et Gabriel Attal. »

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Une ligne claire sans compromission avec LFI

Parmi les atouts mis en avant par les militants, Elsa Nardini souligne « une ligne claire, sans compromission avec La France insoumise ». Elle ajoute : « La tambouille autour du NPA n'avait pas vraiment été un succès. On ne refusera pas pour autant cet électorat. » Pour cette agricultrice engagée, la priorité est de « battre l'extrême droite sans recommencer avec le macronisme », en promettant « hausse des salaires et redistribution des grosses fortunes ».

Les réactions des passants sont mitigées. Une passante s'interroge sur le financement de l'Ukraine plutôt que des retraites, à quoi Elsa Nardini répond : « Mettez-nous au pouvoir et vous verrez. Nous, on est dans le concret, en voulant redonner le pouvoir aux citoyens. » Un autre passant plaisante : « On dirait Macron sur votre tract », tandis qu'une autre personne s'inquiète : « Glucksmann, le mari de Léa Salamé ? Ça sera la prochaine marionnette du capitalisme. Et vous croyez qu'il sera crédible devant Poutine ou Trump ? »

Des électeurs partagés et une stratégie de mobilisation

Keltoum, ingénieure de 35 ans, proche de LFI, estime que le refus d'alliance avec Jean-Luc Mélenchon n'a qu'un seul objectif : « Se battre avec Attal pour l'électorat de Macron ». Yanis, un autre passant, critique les « passages en force à l'Assemblée nationale avec l'utilisation du 49.3 sous Élisabeth Borne ». Son cousin Samir, issu de l'immigration, exprime son désarroi : « Ni Mélenchon, Le Pen ou Bardella ne me représentent. Beaucoup de jeunes comme moi ne savent plus pour qui voter. »

Face à ces réticences, Elsa Nardini invite à l'engagement : « Engage-toi ». Elle met en avant que « une voix peut tout changer », citant « l'échec de Laure Lavalette aux dernières municipales de Toulon ». Lucie, Toulonnaise de 76 ans qui touche 2 700 euros de retraite mensuelle, se montre plus réceptive : « L'écologie, il faut la sauver ». Elle a voté « Sarko, Macron et une fois à gauche, en 1981 » et apprécie Gabriel Attal, avec une réserve : « C'est peut-être une erreur de revoter pour un jeune. Pour redresser économiquement la France, il faut avoir de la poigne. »

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