Le 34e congrès du Parti communiste français (PCF), qui s'est tenu à Lille du 1er au 3 juillet 2024, a mis en lumière les profondes divisions internes concernant la stratégie d'alliance avec Jean-Luc Mélenchon et La France insoumise (LFI). Malgré les appels à l'unité lancés par la direction sortante, les débats ont été houleux et les positions restent éloignées.
Des orientations divergentes
Deux motions principales se sont affrontées lors de ce congrès. La première, portée par le secrétaire national sortant Fabien Roussel, prône une « alliance de combat » avec LFI tout en maintenant l'autonomie du PCF. La seconde, soutenue par une frange plus radicale, rejette toute alliance avec Mélenchon, jugé trop hégémonique. Selon les résultats provisoires, la motion de Roussel a recueilli 54 % des voix, contre 46 % pour la motion adverse, illustrant un parti profondément divisé.
Un congrès sous tension
Les tensions se sont cristallisées autour de l'intervention de Jean-Luc Mélenchon, invité à clôturer le congrès. Son discours, dans lequel il a appelé à « construire une force commune » pour les élections de 2027, a été accueilli par des applaudissements polis mais aussi par des sifflets. « On ne peut pas faire l'économie d'une discussion sur le fond », a-t-il déclaré, tout en reconnaissant les divergences. De son côté, Fabien Roussel a insisté sur la nécessité de « ne pas laisser la gauche se déchirer ».
Des positions irréconciliables ?
Les opposants à l'alliance dénoncent une « soumission » à LFI. « Nous ne sommes pas un parti satellite », a affirmé un délégué communiste, sous couvert d'anonymat. « Mélenchon veut nous absorber, nous devons rester indépendants ». En revanche, les partisans de l'alliance estiment que l'union est indispensable pour battre l'extrême droite. « Sans unité, nous condamnons la gauche à l'impuissance », a plaidé une secrétaire de section.
Quel avenir pour le PCF ?
Ce congrès de Lille a montré que le PCF est à la croisée des chemins. Avec un score de 2,3 % à la présidentielle de 2022, le parti cherche un second souffle. Les communistes devront trancher lors d'un vote des adhérents dans les semaines à venir. La question de l'alliance avec Mélenchon reste un sujet clivant, et il est peu probable qu'une réconciliation rapide ait lieu.



