Dans un courrier daté du 17 juillet 2026, Éric Ciotti, maire de Nice et président de l’Union des droites pour la République, exhorte Renaud Muselier, président de la Région Sud, à démissionner de ses mandats au sein du comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques (Cojop) et de la présidence de la Solideo, la société chargée de livrer les ouvrages olympiques pour les Jeux d’hiver de 2030 dans les Alpes françaises.
Des révélations de Mediapart sur une station de ski aux États-Unis
Le 15 juillet 2026, Mediapart a révélé que Renaud Muselier possède, via des sociétés, une partie du domaine skiable de Nordic Valley, dans l’Utah. Cette station servira de lieu d’hébergement et d’entraînement pour les Jeux olympiques d’hiver de Salt Lake City en 2034. Ciotti estime que cette situation crée un « possible conflit d’intérêts », car Muselier aurait « profité de la candidature française pour se rapprocher de l’organisation américaine de l’édition 2034 et formaliser une coopération étroite avec le gouverneur de l’Utah ».
« Vous avez déclaré que lors de son achat en 2014, vous ne pouviez “pas savoir qui pourrait organiser les Jeux d’hiver 2030 ou 2034”. Aujourd’hui, vous le savez fort bien et cela ne vous a pas empêché de vous impliquer comme décisionnaire dans l’organisation de ces Jeux », écrit Ciotti. Il a adressé une copie de sa lettre au président de la République, Emmanuel Macron, pour lui demander d’inviter Muselier à démissionner « dans un souci de protection de la réputation de la France ».
La défense de Renaud Muselier
Interrogé par Nice-Matin le 15 juillet, Renaud Muselier a rejeté les accusations de conflit d’intérêts. Il a expliqué : « Début 2018, nous avons dû céder l’exploitation de la station avec son matériel et nous n’avons plus rien à voir avec la gestion de la station. Cette cession nous a ainsi permis de stopper d’importantes pertes et nous avons ainsi arrêté tout nouvel investissement. Depuis 2022, ce qui nous reste de nos actifs est managé et contrôlé exclusivement par un groupe immobilier de l’Utah. »
Muselier affirme que sa participation à l’organisation des Jeux de 2030 n’est pas entachée par cette propriété résiduelle. Cependant, Ciotti maintient que la simple détention d’intérêts dans une station qui bénéficiera des Jeux américains constitue un conflit d’intérêts potentiel, d’autant que Muselier siège au Cojop et copréside la Solideo.
Un contexte politique tendu
Cette nouvelle passe d’armes s’inscrit dans un contentieux ancien entre les deux hommes. Il a culminé avec le retrait retentissant de Nice de l’organisation des JOP de 2030, dont chaque camp rejette la responsabilité sur l’autre. L’affaire survient également à deux mois des élections sénatoriales du 27 septembre 2026, auxquelles Renaud Muselier est candidat dans les Bouches-du-Rhône, sur la liste conduite par Brigitte Devesa (UDI).
La pression sur Muselier s’accroît alors que la candidature française pour les Jeux de 2030 est déjà fragilisée par des tensions politiques et financières. La demande de Ciotti pourrait raviver le débat sur la gouvernance des Jeux et la nécessité d’éviter tout conflit d’intérêts.



