Dans un éditorial publié le 9 juillet 2026, le journal Le Monde analyse la tentation croissante des mouvements populistes à s'affranchir des règles juridiques et constitutionnelles. L'article, intitulé « Les populistes et la tentation de l'impunité », met en lumière les risques que cette attitude fait peser sur l'État de droit.
Une logique de rupture avec les institutions
Selon l'éditorialiste, les leaders populistes, qu'ils soient au pouvoir ou dans l'opposition, développent un discours de déni des procédures légales. Ils justifient leurs actions par une prétendue légitimité populaire directe, contournant les contre-pouvoirs et les mécanismes de contrôle. Cette stratégie vise à affaiblir les institutions judiciaires et les médias, accusés de faire partie d'un « système » corrompu.
Le Monde cite l'exemple de plusieurs pays où des gouvernements populistes ont tenté de réduire l'indépendance de la justice, notamment en Pologne et en Hongrie, mais aussi dans des démocraties plus récentes comme le Brésil ou l'Inde. L'article souligne que cette tentation n'est pas l'apanage d'un seul bord politique, mais se retrouve aussi bien à droite qu'à gauche.
Les conséquences sur la démocratie
L'éditorial insiste sur le fait que l'impunité revendiquée par les populistes n'est pas seulement une attaque contre les institutions, mais une menace directe pour les droits fondamentaux. En se plaçant au-dessus des lois, ces dirigeants créent un précédent dangereux qui peut mener à des abus de pouvoir et à une érosion de la confiance dans le système démocratique.
Le Monde rappelle que, selon un rapport de l'ONG Freedom House, la qualité de la démocratie a décliné dans 34 pays en 2025, une tendance qui s'accélère depuis une décennie. L'article cite également une étude du think tank européen ECFR, qui estime que 40 % des citoyens européens considèrent que la démocratie est en danger dans leur pays.
Une réponse nécessaire par le renforcement de l'État de droit
Face à cette menace, l'éditorial appelle à un renforcement des mécanismes de contrôle et à une meilleure éducation civique. Il souligne l'importance de la séparation des pouvoirs et de l'indépendance de la justice comme remparts contre l'arbitraire. Le Monde conclut que la défense de l'État de droit est une condition sine qua non pour la survie des démocraties libérales.



