Incendies: une proposition transpartisane pour mieux gérer la forêt
Incendies: une proposition transpartisane pour la forêt

Alors que la saison des incendies s'annonce particulièrement rude, une proposition de loi transpartisane a été déposée à l'Assemblée nationale pour réformer le code forestier. Portée par des députés de tous bords, elle vise à adapter la gestion forestière aux défis du changement climatique.

Un constat alarmant

En 2022, la France a déjà perdu plus de 50 000 hectares de forêt dans les flammes, un record historique. Selon le député LR Julien Dive, co-auteur du texte, « notre modèle de gestion forestière n'est plus adapté aux conditions climatiques extrêmes. Il faut agir vite pour sauver nos forêts et nos filières économiques ».

Les principales mesures

La proposition prévoit plusieurs modifications du code forestier. Elle entend notamment simplifier les procédures de coupe d'urgence pour les propriétaires forestiers, afin de retirer plus rapidement les arbres brûlés ou affaiblis par les sécheresses. Elle propose aussi d'assouplir les règles de reboisement, en autorisant des essences plus résistantes au feu et à la sécheresse, même hors de leur aire naturelle de répartition.

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Autre mesure clé : la création d'un fonds d'indemnisation pour les propriétaires forestiers victimes d'incendies, financé par une taxe sur les contrats d'assurance habitation. Le texte prévoit également un renforcement des moyens de lutte contre les incendies, avec la création d'une force nationale de sapeurs-pompiers spécialisée.

Un consensus inédit

La proposition a été cosignée par des députés LREM, LR, PS, MoDem, UDI et même quelques élus de La France insoumise. Un signe de l'urgence de la situation, selon le rapporteur du texte, le député LREM Stéphane Travert. « La forêt est un bien commun qui dépasse les clivages politiques. Nous devons tous nous mobiliser pour la protéger », a-t-il déclaré.

Le gouvernement s'est dit ouvert à la discussion, tout en rappelant que la réforme du code forestier est un chantier complexe. Le ministre de l'Agriculture, Marc Fesneau, a indiqué que « plusieurs pistes sont à l'étude », mais sans s'engager sur un calendrier.

Des critiques persistent

Certaines associations environnementales dénoncent une « logique de productivité » qui favoriserait les coupes rases et les plantations monospécifiques. « Ce texte risque d'accélérer l'artificialisation des forêts au détriment de la biodiversité », alerte Jean-Claude Génot, de l'association Forêts Vivantes. Il appelle à privilégier une gestion plus naturelle, laissant la forêt se régénérer spontanément.

Les auteurs de la proposition se défendent de tout « productivisme » et assurent que leur objectif est de « rendre la forêt plus résiliente face au changement climatique ». Le débat parlementaire devrait avoir lieu à l'automne.

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