Une concentration alarmante
La prise de contrôle de Canal+ par le groupe Bolloré continue de faire des vagues. Alors que le groupe audiovisuel français est progressivement absorbé par l'empire de Vincent Bolloré, les critiques se multiplient sur les risques pour le pluralisme des médias. Dans une interview accordée à nos confrères, un expert en régulation médiatique a dénoncé un cadre légal inadapté : « Notre système réglementaire est obsolète depuis au moins dix ans. Il ne permet pas de faire face à des concentrations aussi massives. »
Un vide juridique préoccupant
Selon cet analyste, les outils actuels, comme le contrôle de l'Autorité de la concurrence ou du CSA (devenu Arcom), sont insuffisants face à des stratégies d'intégration verticale et horizontale. « Bolloré contrôle non seulement la production, mais aussi la distribution et les médias d'information. C'est une situation inédite en France, et notre droit n'a pas évolué pour l'encadrer », explique-t-il. La récente acquisition de la chaîne d'information continue iTélé (devenue CNews) par le groupe Canal+ illustre cette mainmise.
Des appels à une réforme urgente
Plusieurs voix s'élèvent pour demander une modernisation du cadre réglementaire. Des députés de tous bords réclament une loi visant à limiter la concentration des médias, à l'image de ce qui existe dans d'autres pays européens. « Il faut des règles claires pour empêcher qu'un seul homme contrôle autant de médias d'information », a déclaré un parlementaire. De son côté, le groupe Bolloré défend sa stratégie, affirmant qu'elle permet de « renforcer la compétitivité de Canal+ à l'international ».
Un enjeu démocratique
Au-delà des aspects économiques, c'est la question de la diversité des opinions qui est posée. Avec la concentration des médias entre les mains d'un même groupe, le risque d'une uniformisation de l'information est réel. « La démocratie a besoin de médias indépendants et pluralistes. Or, la situation actuelle menace cet équilibre », avertit un spécialiste des médias. Alors que le débat s'invite dans la campagne présidentielle, la pression monte pour que le gouvernement agisse.



