L'Union européenne s'apprête à durcir sa politique migratoire grâce à une alliance droite-extrême droite
UE : alliance droite-extrême droite pour durcir la politique migratoire

L'Union européenne s'apprête à durcir sa politique migratoire grâce à une alliance droite-extrême droite

Le Parlement européen pourrait entériner cette semaine un durcissement significatif de la politique migratoire de l'Union européenne. Ce tour de vis historique est rendu possible par une alliance inédite entre les groupes parlementaires de droite et d'extrême droite, qui ont trouvé un terrain d'entente autour d'un texte controversé.

Les mesures phares du projet de durcissement

Le texte en discussion, présenté initialement par la Commission européenne en mars 2025, vise principalement à augmenter le nombre d'expulsions effectives de migrants. Actuellement, seulement 20% des décisions d'expulsion sont suivies d'effets au sein de l'Union, une statistique régulièrement citée par les partisans d'une ligne plus ferme.

Les principales dispositions du projet incluent :

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  • L'autorisation pour les États membres d'ouvrir des centres pour migrants dans des pays hors UE, communément appelés « hubs de retour ». Ces structures accueilleraient des personnes dont la demande d'asile a été rejetée et qui font face à une obligation de quitter le territoire européen.
  • L'instauration de règles et sanctions plus strictes pour les déboutés du droit d'asile refusant de quitter l'UE, pouvant inclure la confiscation de documents d'identité, des détentions administratives et des interdictions d'entrée prolongées.
  • La reconnaissance mutuelle des décisions entre États membres, permettant par exemple qu'une décision d'expulsion prise en France s'applique également en Espagne, et vice-versa.

Une alliance politique qui fait tomber les barrières

L'eurodéputé français Fabrice Leggeri, du Rassemblement national et ancien patron de l'agence Frontex, s'est félicité de cette évolution politique. Il y voit la preuve qu'« il n'y a plus de cordon sanitaire » au Parlement européen entre la droite et l'extrême droite.

Cette alliance s'est concrétisée à la dernière minute, doublant un eurodéputé centriste chargé de trouver un compromis entre les groupes pro-européens. Le texte alternatif porté par la droite et l'extrême droite devrait être validé en commission lundi soir, avant un vote en plénière possible dès jeudi.

Critiques et réserves des défenseurs des droits humains

Les associations de protection des migrants dénoncent vivement ces mesures. Silvia Carta, de l'ONG bruxelloise PICUM, alerte sur les risques de violations des droits humains : « Elles autorisent la création de centres d'expulsion dans des pays où ces personnes n'ont jamais mis les pieds et entraîneront une surveillance et une discrimination accrues. »

PICUM compare même le projet européen aux politiques « violentes » menées par l'ICE, la police de l'immigration américaine. Plusieurs pays, dont la France et l'Espagne, expriment également des réserves quant à l'efficacité de ces centres de retour, rappelant que des expériences similaires dans le passé n'ont pas donné les résultats escomptés.

Contexte migratoire et politique

Cette offensive législative survient dans un contexte particulier. En 2025, le nombre d'entrées irrégulières sur le territoire de l'UE a chuté de plus de 25% selon les données de Frontex. Les arrivées se sont effondrées sur la route des Balkans pour se concentrer principalement en Méditerranée, notamment au départ de la Libye.

Pourtant, le centre de gravité politique de l'Union a glissé vers la droite ces derniers mois. Les alliances entre formations de droite et d'extrême droite se sont multipliées, tant pour s'opposer à certaines mesures environnementales que pour pousser des politiques anti-immigration plus fermes.

Certains États membres comme l'Allemagne, l'Autriche et les pays scandinaves défendent ces mesures avant tout pour leur effet dissuasif. Ils espèrent que la perspective de sanctions sévères découragera les migrants potentiels de tenter de s'installer en Europe.

Le vote final cette semaine marquera un tournant dans la politique migratoire européenne et dans les équilibres politiques au Parlement de Strasbourg.

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