Une étudiante gazaouie expulsée de France après la révélation de propos antisémites
Nour Attaalah, une étudiante gazaouie de 25 ans arrivée en France mi-juillet pour intégrer Sciences Po Lille, a quitté le territoire national ce dimanche 3 août à destination du Qatar. Son départ fait suite à la découverte d'anciennes publications antisémites sur ses réseaux sociaux, a annoncé le ministère des Affaires étrangères.
Des propos jugés « inacceptables » par le gouvernement
Le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a souligné le caractère inacceptable des propos relayés avant l'entrée de Mme Attaalah sur le territoire français. « Au vu de leur gravité, Mme Attaalah ne pouvait demeurer sur le territoire national », a déclaré le Quai d'Orsay dans un communiqué. Le ministère a remercié les autorités qatariennes pour leur coopération dans cette affaire.
Jean-Noël Barrot a confirmé l'expulsion sur le réseau social X en affirmant : « Nour Attaalah a quitté le territoire national. Elle n'y avait pas sa place. Je l'avais dit, nous l'avons fait ».
Une étudiante bénéficiaire d'un visa et d'une bourse gouvernementale
La jeune femme, bénéficiaire d'un visa étudiant et d'une bourse du gouvernement dans le cadre d'un programme destiné aux étudiants gazaouis, devait intégrer Sciences Po Lille à la rentrée. Elle était arrivée en France le 11 juillet et était hébergée au domicile personnel d'Étienne Peyrat, directeur de l'établissement.
La découverte de publications appelant à tuer les juifs sur les réseaux sociaux ces deux dernières années, bien que supprimées depuis, a entraîné :
- Sa désinscription de Sciences Po Lille
- L'ouverture d'une enquête judiciaire pour apologie du terrorisme
- Une enquête pour déterminer pourquoi ces publications n'avaient pas été détectées en amont
Sciences Po Lille a confirmé mercredi que « les propositions sur les réseaux sociaux de la jeune fille sont confirmées », sans fournir plus de détails.
La France suspend tous ses programmes d'évacuation depuis Gaza
La vive polémique soulevée par cette affaire a conduit Jean-Noël Barrot à annoncer vendredi que la France gelait tous ses programmes d'évacuation depuis Gaza. Cette suspension intervient dans l'attente des conclusions d'une enquête sur les failles qui ont empêché la détection des publications antisémites de Nour Attaalah.
Le Quai d'Orsay n'a pas précisé combien de personnes étaient concernées par cette décision, invoquant des raisons de confidentialité. Par ailleurs, « tous les profils qui sont entrés en France vont faire l'objet d'une nouvelle vérification », a ajouté le ministère.
Cette mesure intervient alors que la France a accueilli des centaines de Gazaouis depuis le déclenchement de la guerre entre Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas, en représailles aux attaques de ce dernier contre Israël le 7 octobre 2023.
Une affaire aux multiples ramifications
L'Agence France-Presse (AFP) n'a pas été en mesure de confirmer les captures d'écran attribuées à cette étudiante par des internautes et des médias. Cependant, la confirmation par Sciences Po Lille des propos antisémites et la réaction rapide du gouvernement français soulignent la gravité de cette affaire.
Cette situation met en lumière les défis liés à la vérification des antécédents des personnes bénéficiant de programmes d'accueil, particulièrement dans un contexte géopolitique tendu. La suspension temporaire des évacuations depuis Gaza et la révision de tous les profils déjà entrés en France témoignent de la volonté des autorités de renforcer les contrôles et de prévenir de tels incidents à l'avenir.



