L'enquête ouverte à l'encontre d'Arno Klarsfeld, avocat et fils du célèbre chasseur de nazis Serge Klarsfeld, pour des propos tenus sur les grandes rafles de la Seconde Guerre mondiale a été classée sans suite, a-t-on appris ce mercredi 15 mai 2025. Le parquet de Paris a estimé que les éléments recueillis ne permettaient pas de caractériser une infraction pénale.
Des propos qui avaient suscité l'indignation
En février dernier, lors d'une interview accordée à une chaîne de télévision, Arno Klarsfeld avait déclaré que les grandes rafles de juifs en France, notamment celle du Vélodrome d'Hiver en 1942, étaient « un épisode regrettable mais marginal » et que « la France n'avait pas à porter seule la culpabilité de la Shoah ». Ces propos avaient immédiatement provoqué une vague d'indignation au sein de la communauté juive et des associations de mémoire.
Une plainte déposée
Plusieurs associations, dont la Licra et le Crif, avaient déposé une plainte pour contestation de crime contre l'humanité. L'enquête préliminaire avait été ouverte par le parquet de Paris pour vérifier si les propos de Klarsfeld tombaient sous le coup de la loi.
Décision du parquet
Après plusieurs mois d'investigations, le parquet a finalement décidé de classer l'affaire sans suite. Dans un communiqué, il précise que « les propos incriminés, bien que choquants, ne constituent pas une négation ou une minimisation des crimes contre l'humanité au sens de la loi ». Il ajoute que « la liberté d'expression doit être préservée, même pour des déclarations controversées, dès lors qu'elles ne franchissent pas la ligne rouge fixée par le législateur ».
Cette décision a suscité des réactions contrastées. D'un côté, les associations de mémoire ont exprimé leur déception, estimant que ce classement sans suite envoyait un mauvais signal. De l'autre, des défenseurs de la liberté d'expression ont salué une décision équilibrée. Arno Klarsfeld, contacté par notre rédaction, n'a pas souhaité faire de commentaire.



