Un hommage poignant à Bordeaux pour Ruben Torres
Ce vendredi, une centaine de personnes se sont rassemblées place de la République à Bordeaux pour rendre hommage à Ruben Torres, un ressortissant hondurien de 32 ans, mort tragiquement après son retour forcé au Honduras. Sous le coup d'une Obligation de Quitter le Territoire Français (OQTF), il avait été expulsé en décembre 2024. Quelques semaines plus tard, il a été assassiné dans son pays natal.
Un parcours marqué par la précarité
Arrivé en France en 2018, Ruben Torres vivait à Bordeaux où il travaillait dans le bâtiment. Malgré ses démarches pour régulariser sa situation, il s'est vu notifier une OQTF en 2023. Ses proches décrivent un homme travailleur et apprécié, qui avait fui la violence au Honduras.
Les circonstances de sa mort
Le 12 février 2025, Ruben Torres a été tué par balle à San Pedro Sula, une des villes les plus dangereuses du Honduras. Les auteurs présumés sont des membres de gangs locaux. Sa famille et ses amis dénoncent un manque de protection de la part des autorités françaises et honduriennes.
Une mobilisation pour dénoncer les OQTF
Lors du rassemblement à Bordeaux, des associations de défense des migrants ont pris la parole. « Ruben est mort à cause d'une politique migratoire qui renvoie des gens vers la mort », a déclaré un porte-parole du collectif de soutien. Les manifestants ont réclamé l'abrogation des OQTF vers les pays en guerre ou en proie à une violence endémique.
Des réactions politiques
Plusieurs élus locaux se sont associés à l'hommage. La mairie de Bordeaux a exprimé ses condoléances et appelé à une révision des procédures d'expulsion. Au niveau national, des députés de gauche ont interpellé le gouvernement sur le cas de Ruben Torres, demandant une enquête parlementaire.
Un drame qui relance le débat sur l'immigration
Cette affaire relance la polémique sur les OQTF, dont le taux d'exécution est faible mais dont les conséquences peuvent être fatales. Selon des données de la Cimade, plusieurs expulsés ont été tués ou ont disparu après leur retour. Les associations appellent à suspendre les expulsions vers les pays présentant un danger pour les migrants.
Un hommage similaire est prévu à Paris la semaine prochaine. La famille de Ruben Torres envisage de porter plainte contre l'État français pour mise en danger de la vie d'autrui.



