Des migrants installés dans les régions de l'ex-RDA songent à déménager par crainte de la montée de l'extrême droite, rapporte La Provence. Cette inquiétude, nourrie par la progression électorale de l'AfD (Alternative pour l'Allemagne), pousse certains à envisager un départ vers des régions jugées plus accueillantes.
Une crainte grandissante dans les Länder de l'Est
Selon le quotidien régional, plusieurs témoignages de migrants font état d'un sentiment d'insécurité croissant. Un homme originaire de Syrie, installé dans le Brandebourg, confie : « On a peur, surtout depuis les dernières élections. On ne sait pas comment les choses vont évoluer. » Cette appréhension est partagée par d'autres résidents issus de l'immigration, qui évoquent des regards hostiles et des commentaires désobligeants au quotidien.
La montée de l'AfD, qui a enregistré des scores historiques dans plusieurs Länder de l'Est, alimente ce climat de tension. Dans certaines circonscriptions, le parti d'extrême droite est arrivé en tête, ce qui renforce le sentiment d'un rejet latent. Les migrants interrogés par La Provence expliquent que la perspective de voir ce parti entrer dans des gouvernements régionaux accentue leur inquiétude.
Des projets de départ déjà concrets
Certains ont déjà pris des dispositions pour quitter la région. Une mère de famille originaire d'Afghanistan, vivant en Saxe, affirme : « On cherche un appartement à l'ouest. C'est plus sûr pour nos enfants. » Des associations d'aide aux migrants confirment une hausse des demandes de conseils sur les procédures de changement de résidence.
Ce phénomène n'est pas isolé. Les entretiens menés par La Provence montrent que cette tendance se manifeste dans plusieurs villes de l'ex-RDA, notamment dans les zones rurales où la présence de migrants est moins visible. Les raisons invoquées sont multiples : crainte d'agressions, difficultés à trouver un emploi stable, ou simple désir de vivre dans un environnement plus serein.
Un impact sur la cohésion sociale et l'économie locale
Ce mouvement de départ, s'il se confirme, pourrait avoir des conséquences sur le tissu social et économique de ces régions. Déjà confrontées à un vieillissement de la population et à une fuite des jeunes, les Länder de l'Est risquent de perdre une partie de leur main-d'œuvre qualifiée. Les migrants, souvent jeunes et actifs, contribuent en effet à l'économie locale, notamment dans les métiers en tension.
Les autorités locales, interrogées par le quotidien, reconnaissent le problème mais peinent à apporter des réponses. Certaines municipalités tentent de mettre en place des actions de sensibilisation, mais ces initiatives restent limitées face à l'ampleur du défi. Pour l'instant, aucun chiffre officiel ne permet de quantifier précisément ce phénomène, mais les témoignages concordent.
La situation reste donc préoccupante pour les migrants concernés, qui oscillent entre l'attachement à leur nouvelle vie et la peur de l'avenir. Comme le résume un jeune homme originaire d'Irak : « On veut juste vivre en paix. Si ce n'est pas possible ici, on ira ailleurs. »



