Yves Pigrenet, maire du Cannet : un pharmacien discret mais habile à la manœuvre politique
Yves Pigrenet, maire du Cannet : un pharmacien discret en politique

Yves Pigrenet, maire du Cannet : un pharmacien discret mais habile à la manœuvre politique

Publicité « Pour défendre les intérêts de la commune, je sais être diplomate » : Yves Pigrenet, un maire discret mais habile à la tête du Cannet. Pharmacien depuis un demi-siècle, maire depuis deux mandats et demi, Yves Pigrenet est plus reconnu que réellement connu. Derrière l'écharpe tricolore, on découvre un homme réservé, qui doit parfois composer avec l'antagonisme Tabarot-Lisnard.

Un parcours singulier mené à l'hôtel de ville

Vivre à l'hôtel ! C'est le rêve secret qu'Yves Pigrenet consent enfin à livrer, hors interview. Lui qui n'a jamais fantasmé sur la fonction de maire. « Mais un bel hôtel, plein de charme, où le lit est fait et tout est impeccablement rangé lorsqu'on rentre le soir… », songe-t-il. À défaut, c'est à l'hôtel de ville que son parcours singulier l'aura mené. Jusque dans le bureau de premier édile, qui ne lui semblait pas destiné.

Autrefois, ce fan de cinéma ne ratait pas un film avec Annie Girardot, qu'il adorait « pour sa force tendre ». Il voue une réelle admiration à Audrey Hepburn, Bette Davies, tout en plaçant Catherine Deneuve au sommet. « Plus classique que rock », il succombe, aussi, à la fantaisie de Charlotte Jullian, Chantal Goya ou Annie Cordy.

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Dans le sillage de Michèle Tabarot

Mais c'est dans le sillage plus sérieux de Michèle Tabarot qu'il a intégré le haut du casting au Cannet. En 2017, la députée a dû choisir entre son fauteuil de maire, ou son siège à l'Assemblée Nationale. Alors, la « patronne LR » du département a confié l'écharpe tricolore à ce 1er adjoint qui avait gravi les échelons de sa garde rapprochée.

« Avec Michèle, nous sommes à la fois amis et partenaires. Cela fait 30 ans que l'on travaille ensemble, dans une confiance mutuelle », justifie celui qui reste dévoué à sa « marraine politique », quitte à n'être qu'un « intéri-maire ». Voire un élu fantoche, comme l'insinuent leurs détracteurs ? « Ces attaques ne m'affectent pas. Les gens croient ce qu'ils veulent, moi, je sais tout le travail que j'accomplis en mairie, main dans la main avec Michèle ».

De la pharmacie à la mairie

Yves Pigrenet est entré en politique en 1995, sur la liste opposée à l'ancien maire RPR, Pierre Bachelet. « Je ne sais pas pourquoi Michèle m'a approché. Peut-être parce qu'elle avait besoin d'un pharmacien sur sa liste. Avant ça, je ne m'intéressais pas plus que ça à la politique », confie-t-il, en exhibant sa carte LR.

Lui qui prenait grand soin de ses clients, a dû apprendre à soigner les maux des administrés. Le goût des autres s'est mêlé au sens de la chose publique. Quitte à rendre plus flou les frontières entre mairie et officine. « J'alterne la moitié de ma journée en mairie et l'autre en pharmacie. Parfois, les gens m'y confondent avec le maire. Mais une pharmacie, c'est quasiment un service public. »

Un natif de Cannes adopté par Le Cannet

Réservé de nature, très discret sur sa vie privée (qu'il a autrefois partagée avec des chiens) Yves Pigrenet s'est progressivement affirmé comme adjoint au social (son atout cœur), à la culture (son domaine de prédilection) et même à l'urbanisme.

Il évoque avoir « refusé plusieurs fois le permis de construire sur la route des Bréguières, jusqu'à ce que le préfet prenne la main. C'était une oliveraie magnifique, un poumon vert, on y a construit 120 appartements qui dénaturent le paysage et se cassent la gueule ! », déplore-t-il, avec une rage insoupçonnée.

Un diplomate en toutes circonstances

En conseil municipal ou aux vœux de fin d'année, ses saillies humoristiques font mouche, ratant rarement leurs cibles. Mais Yves Pigrenet est aussi ce natif de Cannes, adopté du Cannet, qui fréquentait jadis les plages du Midi ou la Machou Beach sur la Croisette.

Un être charmant, qui parvient à surmonter l'antagonisme Tabarot-Lisnard au sein de l'agglo, où il est vice-président. « Pour défendre les intérêts de la commune, je sais être diplomate en toutes circonstances », sourit cet homme de consensus.

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Et si ce gourmet se dit incapable de fourneaux (« J'ai une cuisine témoin, vive les surgelés ! »), de bricolage ou jardinage, il s'est révélé bien habile à esquiver les chausse-trappes politiques. Un parcours qui démontre qu'on peut être à la fois pharmacien et maire, discret mais efficace, fidèle à ses alliés tout en préservant l'intérêt de sa commune.