À 74 ans, Yves de Gaulle, petit-fils du général, conserve l’allure du « Grand Charles ». Rencontré au Golf de Barbossi à Mandelieu, il publie « Thermidor » chez Plon, un récit historique sur les derniers jours de Maximilien de Robespierre. Entre essai philosophique et thriller, il réhabilite l’homme d’État au-delà de la Terreur.
Un livre pour réhabiliter Robespierre
Yves de Gaulle explique : « Robespierre n’était pas le diable. Il a eu des paroles sur l’État qui le plaçaient au-dessus de ses contemporains. Il n’y a eu que deux vrais hommes d’État durant la Révolution : Robespierre et Mirabeau. Danton n’était qu’un tribun jouisseur. »
L’auteur s’est plongé dans les archives nationales pour décrire les sept derniers jours de Robespierre. « Je mets de la chair sur un personnage qu’on a démoli, toujours considéré comme sec et dur. »
Un homme tourmenté et dépassé
Selon Yves de Gaulle, Robespierre était critiqué de toutes parts au Comité de salut public. « Il proposait des mesures comme l’éducation nationale pour les enfants de 5 à 12 ans, ou la révocation des députés. Tout lui a été refusé. Il était meurtri, de mauvaise santé. Il n’y a pas un acte signé du seul Robespierre : si c’est un dictateur, je n’y comprends rien ! »
Un parallèle avec la politique actuelle
Interrogé sur la situation politique française, Yves de Gaulle estime que « nous sommes dans une dislocation progressive de la société et de l’État ». Il compare les extrémistes d’aujourd’hui à ceux de la Révolution : « Tous les Mélenchon, Bompard et Panot de l’époque ont été guillotinés ! »
Il juge sévèrement Jean-Luc Mélenchon : « C’est un personnage qui a passé sa vie à sucer les mamelles de la République sans jamais rien faire. » Quant à Jordan Bardella, il reconnaît son talent mais ajoute : « Il a 29 ans, tout ça se mûrit ! »
Pas d’héritier du gaullisme
Yves de Gaulle affirme qu’il n’y a aucun héritier de Charles de Gaulle aujourd’hui. « Le général disait lui-même : je n’avais pas de prédécesseur, je n’aurai pas de successeur. Il reste des éléments de politique, mais pas du gaullisme, car il faudrait y ajouter de la cohérence, de la rigueur et de l’éthique. »
Il critique le RN qui se réclamait du gaullisme : « Jean-Marie Le Pen était à la tête de ceux qui ont essayé de tuer le général. De Gaulle avait une vision ouverte de la République, avec des droits et devoirs. »
Pour lui, l’union à droite est nécessaire : « S’il n’y a pas d’union sur un candidat, ça ne marchera pas. »



