Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a essuyé de vives critiques ce dimanche 31 mai de la part de l'ensemble des oppositions et des syndicats de policiers, après les violences qui ont émaillé les célébrations de la victoire du PSG en Ligue des champions. Malgré un dispositif de sécurité renforcé, les incidents ont été nombreux, suscitant l'indignation générale.
Un bilan lourd malgré un déploiement massif
Lors d'un point de presse à Beauvau, Laurent Nuñez a déclaré que « la situation était globalement sous contrôle » et que les forces de l'ordre « ont permis de contenir les troubles à l'ordre public ». Pourtant, les chiffres sont alarmants : 780 interpellations sur tout le territoire, soit une hausse de 32 % par rapport à l'année précédente. On dénombre 57 policiers et gendarmes blessés, ainsi que 219 participants blessés, dont 8 grièvement. Un homme à moto-cross est décédé sur le périphérique parisien et une personne blessée à l'arme blanche se trouve entre la vie et la mort. Des pillages de commerces ont également été signalés dans plusieurs villes de France.
Le déploiement des forces de l'ordre était pourtant exceptionnel : 22 000 policiers et gendarmes mobilisés, dont 8 000 à Paris et en agglomération, contre 5 400 l'an dernier. Ces chiffres en hausse contrastent avec le discours rassurant du ministre.
Les réactions politiques fusent
À gauche, le porte-parole de La France insoumise, Manuel Bompard, a estimé sur France 3 que « à partir du moment où il y a ces débordements, on ne peut pas être satisfait de la gestion de la soirée ». Il a plaidé pour la création de fan-zones afin d'encadrer les festivités. Raphaël Glucksmann (Place publique) a dénoncé une situation « proprement insupportable », ajoutant que « la France vit sous tension, on le voit partout, on est une cocotte-minute prête à exploser ».
À droite, Marine Le Pen (RN) a écrit sur X : « Il n'y a qu'en France où la victoire d'un club de foot provoque des émeutes ». Valérie Pécresse (LR) a qualifié les auteurs des violences de « racailles décérébrées » et réclamé « des sanctions exemplaires ». Bruno Retailleau, candidat à la présidentielle, a martelé : « La France n'a pas à subir cette violence à chaque trophée. L'ordre, ça se décide ».
L'opposition de droite parisienne a demandé de « sortir les grands rassemblements des Champs-Élysées vers un site dédié », proposition qualifiée de « fausse bonne idée » par Nuñez, car cela mobiliserait trop de forces. Le maire PS de Paris, Emmanuel Grégoire, a relativisé, soulignant que « ça fait des siècles que ça existe » et que la majorité des gens ont fêté en famille.
La colère des syndicats de police
Les syndicats de policiers ont exprimé leur mécontentement. Alliance a dénoncé « le décalage grandissant entre le discours officiel et la réalité vécue par nos collègues sur le terrain », parlant d'une « véritable chasse aux forces de l'ordre ». Unité police s'en est pris aux instructions, jugeant qu'elles étaient « timorées et dépassées ».
Relais internationaux d'extrême droite
Les violences ont été largement commentées sur les réseaux sociaux, notamment par Elon Musk, qui a tweeté « Problems in Paris ». Des figures d'extrême droite européennes, comme Geert Wilders, Tommy Robinson et Alice Weidel, ont attribué ces débordements à « l'immigration de masse » et prôné la « remigration ». Le JDD a relayé ces propos.



