Si Sébastien Lecornu était journaliste, on lui aurait reproché d'avoir, ce jeudi, « tiré à la ligne » ou « étalé la pâte » : s'être montré inutilement long au regard du peu d'informations à donner. Mais ses communicants répliqueront qu'il fallait bien une heure et demie (et six ministres) pour faire de la « pédagogie » sur l'absence de mesure générale de soutien aux entreprises et aux ménages face à la flambée du prix des carburants. Pourtant, l'explication à cette sobriété — parfaitement raisonnable — tient en une phrase : « Il n'y a pas d'argent. »
Dommage, car, dans le flot de paroles, les téléspectateurs ont peut-être raté trois idées prometteuses.
Pas de hausse d'impôt en 2027
D'abord, « pas de proposition de hausse d'impôt » dans les budgets 2027 de l'État et de la Sécurité sociale. Bonne nouvelle, même si l'engagement devra sortir intact du Parlement. Et même si les contorsions du ministre des Comptes publics sur les charges sociales laissent craindre une hausse du coût du travail dès juin. Le diable est dans les détails.
Libéralisation de la prime transport
Ensuite, pour que les entreprises accordent à leurs salariés la prime transport allant désormais jusqu'à 600 euros, et pour que « ça aille vite », Lecornu adopte une ligne : « On fait confiance et on libéralise. » Ni conditions ni justificatifs : si seulement le principe pouvait être dupliqué !
Produire plus d'électricité nucléaire et renouvelable
Enfin, considérant que « notre dépendance aux hydrocarbures est une laisse étrangleuse (sic) », il compte « produire, produire, produire » plus d'électricité nucléaire et renouvelable made in France (on entend le « forer, forer, forer » de Trump en écho). Espérerons que l'ambition demeurera après 2027, car il faudra des décennies pour la réaliser. Parfois, le temps long est nécessaire…



