Présidentielle : sept candidats débattent à Roland-Garros
Présidentielle : débat à Roland-Garros

Ce jeudi après-midi, à Roland-Garros, sept principaux candidats à la présidentielle se sont succédé pour un débat consacré au monde de l'entreprise, organisé par le Medef dans le cadre de son université d'été. L'événement, qui s'est tenu sur le court Philippe-Chatrier, a été marqué par des échanges vifs sur la dette, les retraites et le bilan des quinquennats macronistes.

Mélenchon attaqué sur sa proposition sur la dette

Avant même le début du débat, Jean-Luc Mélenchon a critiqué le rapprochement entre Marine Le Pen et une partie des entreprises. « C'est dans l'ordre des choses. Le Rassemblement national est un parti lamentable et il y a des patrons lamentables », a-t-il lancé, promettant de dire aux entrepreneurs « leurs quatre vérités ».

Le candidat de La France insoumise a été immédiatement pris à partie sur sa proposition de « foutre au feu » 600 milliards d'euros de dette française détenus par la Banque de France. Édouard Philippe a fustigé une sortie « extrêmement dangereuse » : « La France va finir interdite bancaire, la France a une parole ». Gabriel Attal a renchéri : « Vous proposez d'annuler la dette, mais vous voulez quand même continuer à augmenter les impôts, c'est par pur sadisme ? » Jean-Luc Mélenchon a répliqué : « Il faut trouver des marges de manœuvre, il y a un débat, ne caricaturons pas ».

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Retraites et pluie : les sujets qui fâchent

La réforme des retraites a également animé les échanges. Marine Tondelier et Jean-Luc Mélenchon ont réaffirmé leur souhait de l'abroger définitivement. Raphaël Glucksmann a proposé une « réforme juste », soulignant que « nous ne sommes pas égaux face au travail ». Bruno Retailleau a suggéré de lier l'âge de départ à l'espérance de vie, tandis que Gabriel Attal a défendu une mesure de « capitalisation ».

Après une trentaine de minutes, une pluie drue s'est abattue sur le toit du stade, obligeant les candidats à hausser la voix. Édouard Philippe a ironisé : « Je parle après une éruption à ma gauche. Il y a un déluge au-dessus de ma tête… C'est un débat présidentiel, François Hollande n'est pas là, et pourtant il pleut ! » Gabriel Attal a profité de l'occasion pour piquer ses adversaires : « Si ça pouvait convaincre Marine Tondelier, Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Glucksmann de laisser les agriculteurs stocker de l'eau, ça serait déjà une bonne chose ».

Attal et Philippe étrillés sur le bilan macroniste

Les deux anciens Premiers ministres d'Emmanuel Macron ont été la cible de critiques sur le bilan des deux quinquennats. Marine Le Pen a asséné : « Vous avez été ceux qui ont creusé la dette de 1.000 milliards ». Marine Tondelier a déploré : « Dans 18 mois, la France aura atteint son plus bas bilan industriel de son Histoire ». Raphaël Glucksmann a raillé : « C'est bien qu'ils soient deux d'ailleurs, car pour défendre ce bilan, il vaut mieux être deux ». Gabriel Attal a esquivé : « J'ai dit dès qu'il y avait des échecs et qu'il y avait aussi des réussites, je ne vais pas m'étendre là-dessus, l'important est de répondre aux questions des chefs d'entreprise ».

Marine Le Pen tente de rassurer le monde économique

Marine Le Pen, candidate malgré sa condamnation en appel, a tenté de capitaliser sur la stratégie de séduction de Jordan Bardella auprès des entreprises. Elle a assuré qu'elle présenterait un plan d'économies de 125 milliards d'euros avant le débat budgétaire. Mais Raphaël Glucksmann l'a prise à partie sur ses pistes de réduction : « Quand on vous pose des questions sur la dette, vous répondez ''les immigrés et l'Europe'' ! Vous promettez l'immigration zéro mais vous allez vous rendre compte qu'on a besoin d'une immigration de travail, ou alors vous coulerez l'économie française ».

Les échanges se sont étirés, et les tribunes se sont peu à peu vidées. Jean-Luc Mélenchon a résumé sa perplexité : « J'ai parfois du mal à suivre… » Le débat s'est achevé sans annonce majeure, mais il a permis de mesurer les divergences profondes entre les candidats sur les questions économiques, qui s'annoncent centrales dans la campagne.

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