Primaire à droite : Julien Devèze défend l'union pour 2027
Primaire à droite : Devèze défend l'union pour 2027

Le délégué départemental et régional du Nouveau Centre dans le Gard, Julien Devèze, porte la pétition de son leader Hervé Morin pour qu'un candidat unique de la droite et du centre soit désigné en vue de l'élection présidentielle de 2027. Selon lui, la solution de la primaire est « la plus naturelle » pour éviter un second tour entre La France insoumise et le Rassemblement national.

Un parti discret mais engagé pour la modération

Le Nouveau Centre, fondé en 2007 lorsque François Bayrou a créé le MoDem, se présente comme un parti qui travaille à la cohérence idéologique du centre. « Nous, en tant que militants historiques de l'UDI, on ne se retrouvait pas là-dedans », explique Julien Devèze. Le parti défend des notions de modération en politique, des libertés individuelles, et une certaine idée de la démocratie fondée sur le dialogue. « Il y a aussi un côté décentralisateur, avec la foi qu'on porte en nous la capacité à trouver des points d'accord entre citoyens. »

Face aux multiples candidatures, l'urgence d'une union

Julien Devèze constate que les nombreuses candidatures à droite, au centre et à gauche pourraient favoriser un second tour LFI-RN. « Ça dénote la diversité politique de la France. Les Français ne se laissent pas enfermer dans des cases », dit-il. Il souligne que depuis 70 ans, les tentatives de créer un bipartisme en France échouent, et que l'exemple d'Emmanuel Macron, qui a créé son propre parti pour être élu président, a donné des envies présidentielles à tout le monde. « Si on en reste là, on va se retrouver avec un second tour LFI contre RN. »

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Pour lui, la responsabilité des gens qui ne sont pas « mono problème » et qui ne veulent pas d'une société totalement clivée est de faire émerger quelqu'un d'autre au second tour. « Aujourd'hui, il n'y a pas de dynamique avec un candidat naturel qui veut de la modération dans une économie de marché. Pour nous, la solution de la primaire est donc la plus naturelle. »

Une primaire de la droite et du centre en marche

La primaire envisagée serait celle de la droite et du centre. Julien Devèze affirme que « le lien entre Gabriel Attal et Bruno Retailleau existe autour de l'Europe, d'une vision de la démocratie ». Il insiste sur le fait que le vrai problème de la société française aujourd'hui est son unité, sa capacité à refaire du lien. « Les choses avancent ! Il y a 15 jours, tout le monde disait non, pas de primaire. Sauf que la réalité, c'est qu'ils ont tous conscience qu'il ne faut pas aller au casse-pipe. »

Interrogé sur le risque que les primaires fassent émerger le plus radical des candidats, il répond : « Les primaires ont tendance à générer des dynamiques militantes. Mais là, c'est la primaire de la modération. La radicalité dans la modération, ça existe ! Le philosophe Raymond Aron était un radical de la modération. »

L'expérience Macron : un « énorme gâchis »

Julien Devèze porte un regard critique sur le mandat d'Emmanuel Macron. « Je pense que c'est un grand gâchis. Je n'ai jamais été macroniste mais il est passé à côté de ce qui aurait pu faire de son mandat – surtout le premier quinquennat – un succès. » Il révèle lui avoir écrit en 2017, en lui disant que son élection devait être un point de départ et qu'il devait représidentialiser la fonction. « Mais il a voulu s'inscrire dans cette démarche de bipolarisation en se positionnant face au RN comme chef d'un pôle démocrate et progressiste. »

La désunion à Nîmes, un argument pour l'union

La division de la droite à Nîmes, qui a abouti à l'élection d'un candidat de gauche, est pour lui un argument en faveur d'une candidature d'union aux présidentielles. « Bien sûr ! La désunion crée la défaite. Ainsi que l'hyper personnalisation des egos. » Il précise travailler avec Valérie Rouverand et avoir des contacts avec MM. Procida et Burgoa. « Il faut qu'on soit capable de discuter et de proposer autre chose que l'opposition caricaturale du RN. Il faut que nous arrivions à créer à Nîmes un pôle d'objectivité et de dire quand ça va et quand ça va pas, avec des bases chiffrées. »

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Alors que Marine Le Pen caracole en tête des sondages, Julien Devèze reconnaît qu'une présidence RN fait partie des hypothèses probables. « Mais mon objectif, c'est d'éviter ce second tour Mélenchon-Le Pen. Il faut qu'un maximum de gens signent cette pétition lancée par Hervé Morin. On a déjà 300 parlementaires, conseillers régionaux, ou autres qui l'ont signée. Il faut que les citoyens s'en saisissent aussi. »