Une alliance stratégique pour le second tour des municipales à Paris
Les 11,34 % de voix obtenus par Pierre-Yves Bournazel au premier tour des élections municipales à Paris seront-ils suffisants pour assurer une victoire à Rachida Dati ? Le candidat Horizons/Renaissance a officiellement annoncé ce lundi la fusion de sa liste avec celle de la candidate LR et MoDem, qui avait recueilli 25,46 % des suffrages au premier tour.
Un paysage électoral recomposé
Cette annonce intervient alors qu'Emmanuel Grégoire, candidat de la gauche, avait largement devancé ses concurrents avec 37,98 % des voix exprimées. Quatre candidats se maintiennent désormais pour le second tour prévu dimanche, après que Sophia Chikirou, candidate insoumise, a confirmé le maintien de sa liste face à son concurrent de gauche.
« J'ai le plaisir de vous annoncer ce soir que nous avons décidé de fusionner nos listes », a déclaré Pierre-Yves Bournazel au journal télévisé de France 2, justifiant cette décision par « une majorité de Parisiens qui attend le changement et l'alternance ».
Le retrait personnel de Bournazel
Le conseiller de Paris depuis dix-huit ans a cependant précisé : « Pour moi, le chemin s'arrête [...] puisque les Parisiens n'ont pas souhaité que je sois le prochain maire de Paris ». Il a expliqué accompagner cette fusion « dans la clarté des principes contre l'extrémisme politique », une décision qu'il attribue en partie aux pressions d'Edouard Philippe, le patron d'Horizons.
Selon un cadre macroniste, Emmanuel Macron était également favorable à cette union entre les forces de droite et du centre.
Des conditions préalables à la fusion
Rachida Dati avait proposé cette alliance dès dimanche soir à son concurrent de centre-droit, alors qu'elle réalisait un score inférieur aux attentes (25,46 %), se trouvant à plus de douze points derrière Emmanuel Grégoire (37,98 %).
Pierre-Yves Bournazel avait fixé des conditions pour son retrait, exigeant notamment de la « clarté » concernant l'absence d'alliance avec l'eurodéputée d'extrême droite Sarah Knafo, qui avait tendu la main à l'ex-ministre de la Culture après s'être qualifiée de justesse pour le second tour.
Dans un entretien au Figaro lundi soir, Rachida Dati a confirmé qu'« il ne peut pas y avoir d'alliance avec Reconquête », précisant qu'elle avait proposé à Pierre-Yves Bournazel d'être deuxième sur sa liste au second tour. La nouvelle liste d'union « respecte l'équilibre des votes du premier tour », a assuré la maire du 7e arrondissement.
Des relations historiquement tendues
Les relations entre Rachida Dati et Pierre-Yves Bournazel sont notoirement mauvaises, au point que l'élu de centre droit avait appelé la candidate à « changer le ton de cette campagne ».
Un proche collaborateur de Bournazel a salué auprès de l'AFP une décision « très digne, très loyale vis-à-vis de ceux qui le soutenaient », ajoutant que « c'est une décision comme peu de politiques pourraient prendre dans cette époque ».
Un élu LR y voit quant à lui une forme de « burn-out politique » chez l'élu du 18e arrondissement, provoquée selon lui par « une déception liée au manque de soutien de la part d'Edouard Philippe ». « Au JT de France 2, on a senti qu'il était soulagé », a confié ce conseiller de Paris.
Les réactions de la gauche
Emmanuel Grégoire, candidat de la gauche unie sans LFI, n'a pas manqué de pointer les contradictions de Pierre-Yves Bournazel, critiquant un candidat qui « se disait candidat de la probité » mais « pousse aujourd'hui pour une alliance avec une candidate renvoyée devant le tribunal correctionnel pour corruption ».
Rachida Dati sera effectivement jugée en septembre pour corruption et trafic d'influence, des faits qu'elle conteste mais qui l'exposent à des peines pouvant aller jusqu'à dix ans d'emprisonnement et cinq ans d'inéligibilité.
Les enjeux du second tour
Cette fusion crée désormais un front uni de la droite et du centre face à la gauche menée par Emmanuel Grégoire, dans une bataille qui s'annonce serrée pour la mairie de Paris. Les résultats combinés des listes Dati et Bournazel atteignent 36,8 % des voix du premier tour, se rapprochant ainsi du score de la gauche.
Le second tour des élections municipales à Paris se tiendra le 22 mars 2026, avec quatre listes en lice pour conquérir l'Hôtel de Ville.



