Une nouvelle tempête politique pour Jean-Luc Mélenchon
Le leader de La France insoumise se retrouve une nouvelle fois au cœur d'une violente polémique. Alors que son mouvement était déjà éclaboussé par les suites de la mort du militant néofasciste Quentin Deranque à Lyon, Jean-Luc Mélenchon a provoqué l'indignation générale avec des propos tenus lors d'un meeting de soutien à la candidate insoumise aux municipales lyonnaises, Anaïs Belouassa-Cherifi.
Des déclarations sur Epstein qui font scandale
Entre attaques contre les médias et défense du groupe antifasciste « La Jeune Garde », le triple candidat à la présidentielle s'est lancé dans une incidente sur l'affaire du criminel sexuel new-yorkais Jeffrey Epstein. « Je voulais dire "Epstine" pardon, ça fait plus russe "Epstine" », a-t-il lancé devant une salle hilare. Il a poursuivi : « Alors maintenant, vous direz Epstine au lieu d'Epstein, Frankenstine au lieu de Frankenstein », avant d'ajouter : « eh bien voilà, tout le monde comprend comment il faut faire ».
Ce n'était pas la première fois que Jean-Luc Mélenchon ironisait en meeting sur la prononciation du nom du criminel sexuel depuis la publication des dossiers Epstein. Mais cette fois, les réactions ont été immédiates et particulièrement sévères de toute la classe politique.
Une avalanche de condamnations pour antisémitisme
Le président du Crif, Yonathan Arfi, a immédiatement réagi sur X en rappelant qu'« un élève de 5e sait qu'en anglais, "Epstein" se prononce "Epstine" ». Il a ajouté : « Voir dans cette prononciation une manipulation est un délire complotiste aux vrais relents antisémites ».
Du côté du gouvernement, les critiques ont fusé. Gabriel Attal a dénoncé : « Toutes les limites ont été franchies par Jean-Luc Mélenchon […] L'antisémitisme est une monstruosité ». Laurent Nuñez, qui vient de classer LFI à l'extrême gauche pour les prochaines municipales, a qualifié les propos d'« abjects ».
Emmanuel Macron a pour sa part réagi en repartageant un de ses discours tenu au milieu du mois où il ciblait « l'antisémitisme d'extrême gauche », commentant simplement : « C'était il y a 15 jours ».
La droite et l'extrême droite saisissent l'occasion
Le président du Rassemblement national Jordan Bardella, dont le parti s'est engagé dans une stratégie de dédiabolisation, a dénoncé un meeting « brutal, qui fait froid dans le dos, aux relents ouvertement antisémites ». Cette sortie intervient alors que les Insoumis multiplient les polémiques ces dernières semaines.
La gauche elle-même indignée
Même chez les anciens alliés de gauche de LFI au sein du Nouveau Front Populaire, la sortie a provoqué l'indignation. Olivier Faure, premier secrétaire du Parti Socialiste, a tweeté : « Est antifasciste celui qui combat le fascisme, pas celui qui en réutilise les ressorts les plus dangereux ». Il faisait référence dans le même temps aux prises de position de Jean-Luc Mélenchon qui a continué jeudi soir à défendre son député Raphaël Arnault.
Marine Tondelier, cheffe des Écologistes, s'est exclamée : « Non mais ça va pas non ! Vraiment, rien ne va dans ces propos. Rien. Ça suffit maintenant ». L'eurodéputé Place publique Raphaël Glucksmann a estimé quant à lui que « Jean-Luc Mélenchon et ses sbires s'essuient les pieds sur tous les principes qui ont structuré la gauche républicaine française ».
La contre-attaque de Mélenchon
Devant cette avalanche de condamnations, le leader insoumis a réagi en réfutant tout antisémitisme et en renvoyant l'attaque sur ses adversaires. Sur X, il a déclaré : « J'ai ironisé sur la volonté de vouloir faire avec "Epstine" un nom pour "russifier" le problème. Consternante réaction de ceux qui y voient de l'antisémitisme », y notant une manière de « susciter délibérément la violence contre LFI ».
Pour lui, « l'antisémitisme est du côté de ceux qui veulent tout ramener à ce sujet ». Il a insisté : « Au contraire j'ai longuement expliqué dans mon discours pourquoi il fallait tenir la religion loin de la politique ».
Son premier lieutenant Manuel Bompard a abondé dans son sens : « Les Insoumis ont, les premiers, dénoncé les instrumentalisations antisémites de l'affaire Epstein », dénonçant « une cabale » contre le mouvement de gauche radicale. Cette nouvelle polémique intervient dans un contexte politique déjà tendu, alors que les élections municipales approchent et que les positionnements politiques se durcissent.



