Macroniste : « Quoi qu’il en coûte » divise la majorité
Macroniste : « Quoi qu’il en coûte » divise la majorité

La célèbre formule du président Emmanuel Macron, « quoi qu’il en coûte », prononcée pour protéger l’économie française pendant la crise du Covid-19, suscite aujourd’hui des remous au sein même de sa majorité. Alors que le gouvernement prépare le budget 2025, plusieurs députés et sénateurs macronistes expriment leurs craintes face à l’endettement croissant du pays.

Des voix discordantes dans la majorité

Selon des sources parlementaires, une quinzaine de députés de la majorité ont adressé une lettre ouverte au ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, pour demander une réduction plus rapide de la dette publique. « Nous ne pouvons pas continuer à dépenser sans compter », a déclaré l’un des signataires, le député Jean-Philippe Tanguy, sous couvert d’anonymat. « Le 'quoi qu’il en coûte' a été nécessaire en 2020, mais il ne peut pas devenir une politique permanente. »

La dette publique française a atteint 112 % du PIB en 2023, selon l’Insee, contre 98 % avant la pandémie. Le déficit public s’est établi à 5,5 % du PIB en 2023, bien au-dessus des 3 % autorisés par les règles européennes. Ces chiffres inquiètent une partie de la majorité, qui craint que la France ne perde sa crédibilité auprès des marchés financiers.

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Le gouvernement défend sa stratégie

De son côté, l’exécutif justifie le maintien d’une politique budgétaire expansive par la nécessité de soutenir la croissance et l’emploi. « Le 'quoi qu’il en coûte' a sauvé des milliers d’entreprises et évité une explosion du chômage », a rappelé le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, lors d’une audition à l’Assemblée nationale. « Nous devons maintenant trouver un équilibre entre la maîtrise des finances publiques et le soutien à l’activité. »

Le Premier ministre, Gabriel Attal, a également défendu la stratégie présidentielle, affirmant que « la France ne doit pas sacrifier son modèle social sur l’autel de l’austérité ». Selon lui, l’augmentation de la dette est un « investissement pour l’avenir » qui permettra de financer la transition écologique et la réindustrialisation.

Des critiques au-delà de la majorité

Les critiques ne viennent pas seulement de l’opposition, mais aussi de certains économistes. L’économiste Philippe Martin, ancien président du Conseil d’analyse économique, a estimé que « le 'quoi qu’il en coûte' a été une réponse adaptée à une crise exceptionnelle, mais son maintien prolongé risque de fragiliser les finances publiques à long terme ». Il préconise une « stratégie de désendettement progressive mais crédible ».

Du côté de l’opposition, les attaques sont plus vives. Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national, a dénoncé « une politique d’endettement massif qui hypothèque l’avenir des jeunes générations ». De son côté, Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise, a appelé à « une rupture avec l’austérité » et à « une autre répartition des richesses ».

Quel avenir pour le « quoi qu’il en coûte » ?

Alors que le projet de loi de finances pour 2025 est en préparation, le gouvernement devra arbitrer entre les demandes de rigueur budgétaire et les besoins de dépenses publiques. Selon plusieurs observateurs, la majorité macroniste pourrait connaître des fractures plus profondes si l’exécutif ne parvient pas à réduire le déficit. « Le 'quoi qu’il en coûte' a été un mantra politique, mais il devient un boulet pour la majorité », analyse le politologue Dominique Reynié.

Le débat sur la dette publique promet d’être l’un des enjeux centraux de la rentrée politique. Les prochains mois diront si la majorité saura rester unie face à ces défis budgétaires.

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