Face aux tensions géopolitiques internationales, l'entreprise France Bunker, installée à Nîmes, affirme enregistrer une hausse spectaculaire des demandes d'abris souterrains, multipliées par dix selon son dirigeant. Lancée il y a un an et demi, la société propose des structures en béton étanche vendues entre 60 000 et 150 000 euros.
Une demande qui explose avec la guerre en Iran
Alors que les tensions internationales s'intensifient, de l'invasion russe de l'Ukraine à la guerre en Iran, certains choisissent de faire installer des abris souterrains, appelés plus communément bunkers, afin de se protéger face à d'éventuelles menaces. Patrice Roussel, pisciniste de métier, a lancé il y a un an et demi l'entreprise France Bunker, dont il est le gérant. Il confie à Midi Libre que l'intérêt pour les abris s'est multiplié ces derniers temps. "Avec la situation géopolitique, ça s'est accéléré, évidemment. On a eu presque x10 en demandes depuis le début de la guerre en Iran", affirme celui qui précise que beaucoup de ses clients vivent "à proximité d'une centrale nucléaire".
Caractéristiques techniques des bunkers
Construit en béton armé et enterré, ce type d'abri NRBC (nucléaire, radiologique, biologique et chimique) permet de se protéger de diverses menaces, telles que des frappes de missile ou des accidents nucléaires. "Dix centimètres de terre sont l'équivalent de presque 50 cm de béton", estime Patrice Roussel, qui réalise les constructions les plus simples sous un délai d'un mois environ. Les bunkers existent de toutes les tailles, avec pour leur propriétaire une autonomie plus ou moins élevée.
Un nouveau business pour un pisciniste
Touché par une baisse de la demande dans son métier d'origine à cause de la situation géopolitique, Patrice Roussel, qui a "le savoir-faire et le matériel", s'est servi de la guerre "pour faire un autre business". Il envisage même une reconversion totale dans quelque temps : "Je pense que le marché existe et va se développer." Côté technique, Patrice Roussel et sa petite équipe, spécialistes de la "structure béton étanche", font appel à des partenaires locaux "qui se chargent des aménagements intérieurs des abris".
Gamme de prix et accessibilité
Sur son site, France Bunker propose plusieurs types d'ouvrages, allant de l'abri enterré de 18 m², proposé à partir de 60 000 euros, au modèle familial de 81 m², voire à la version la plus sophistiquée, affichée à 150 000 euros. À ce niveau-là, "c'est comme une petite maison." Le patron a même un client qui a pour projet de faire construire une piscine avec un abri en dessous. D'après le chef d'entreprise nîmois, un bunker est bien "accessible à tout le monde", sans normes particulières, si ce n'est celles d'urbanisme classiques. Et de rappeler un élément essentiel : "Un abri doit être parfaitement étanche à l'air, à l'eau, qu'on puisse filtrer. Il faut également qu'il soit toujours sous pression."
Les abris : une obligation légale en Suisse
Si en France la démarche est confidentielle, les bunkers sont présents massivement en Suisse. Et pour cause, comme l'indique Futura Sciences, le pays a rendu obligatoire la construction d'un abri antiatomique dans toutes les nouvelles zones résidentielles depuis 1963. La Suisse en comptabilise ainsi quelque 370 000 bunkers. Au total, le pays compte neuf millions de places protégées, ce qui correspond à un taux de couverture de plus de 100 %. Si un conflit éclate dans un pays limitrophe, les abris doivent être opérationnels dans un délai de cinq jours.



