Les syndicats de SFR redoutent des milliers de suppressions de postes après le rachat du groupe par Bouygues Telecom, Orange et Free, annoncé le 24 juin 2026. Selon les organisations syndicales, le plan de restructuration pourrait entraîner la suppression de 8 000 à 10 000 emplois sur les 15 000 salariés de l'opérateur historique.
Un rachat qui suscite l'inquiétude
L'opération, qui valorise SFR à environ 15 milliards d'euros, a été conclue entre les trois principaux opérateurs français. Bouygues Telecom, Orange et Free se partageront les actifs de SFR, avec pour objectif de rationaliser les réseaux et de réduire les coûts. Les syndicats, qui avaient déjà alerté sur les risques sociaux, estiment que cette concentration du marché des télécommunications en France va entraîner des doublons et des sureffectifs.
« C'est une catastrophe annoncée pour les salariés de SFR », a déclaré un représentant syndical de la CGT. « Nous craignons que la direction ne profite de cette opération pour supprimer massivement des postes, sans aucune garantie pour l'emploi. »
Des chiffres alarmants
Selon une note interne consultée par Le Monde, le plan de restructuration prévoit la suppression de 8 000 à 10 000 postes, principalement dans les fonctions supports, les services commerciaux et les techniciens de terrain. Les syndicats estiment que ce chiffre pourrait même atteindre 12 000 si les synergies sont poussées à l'extrême.
« Nous avons déjà perdu 5 000 emplois ces cinq dernières années, et là on nous annonce encore 10 000 suppressions, c'est un véritable carnage », a dénoncé un délégué syndical Force ouvrière.
Les réactions des opérateurs
Bouygues Telecom, Orange et Free ont tenté de rassurer les salariés en annonçant des mesures d'accompagnement, mais sans donner de chiffres précis. « Nous sommes conscients des inquiétudes, mais cette opération est nécessaire pour assurer la pérennité de SFR et créer un champion français des télécommunications », a déclaré un porte-parole de Bouygues Telecom.
Orange a également indiqué qu'il souhaitait « préserver un maximum d'emplois », sans toutefois s'engager sur un nombre. Free, de son côté, a affirmé que les suppressions de postes seraient « limitées » et compensées par des reclassements internes.
Un impact sur l'emploi dans les télécoms
Cette restructuration s'inscrit dans un contexte de consolidation du secteur des télécommunications en France, marqué par une guerre des prix et une baisse des marges. Selon une étude du cabinet Arthur D. Little, le secteur a déjà perdu 30 000 emplois en dix ans, et cette nouvelle vague de suppressions pourrait aggraver la situation.
Les syndicats appellent à une mobilisation nationale le 10 juillet prochain pour exiger des garanties sur l'emploi et des mesures de reclassement. Ils demandent également l'ouverture de négociations avec le gouvernement, qui a donné son feu vert à l'opération.



