Emmanuel Macron a effectué lundi sa dernière rentrée politique en tant que président de la République, lors d'un discours prononcé à la préfecture du Var, à Toulon. Le chef de l'État a appelé les Français à « ne pas céder au défaitisme » et a défendu son bilan, tout en esquissant les priorités des derniers mois de son mandat.
Un appel à la mobilisation contre le défaitisme
Dans un contexte de crises multiples, Emmanuel Macron a insisté sur la nécessité de « refuser la facilité du renoncement ». Il a estimé que « la France a les moyens de ses ambitions » et que « rien ne serait pire que de céder à la spirale du déclin ». Selon lui, « le défaitisme est un poison qui ronge la confiance et paralyse l'action ».
Le président a également évoqué les réformes engagées depuis 2017, notamment celles des retraites, de l'assurance chômage ou encore de la fiscalité. Il a affirmé que « ces réformes commencent à porter leurs fruits », citant la baisse du chômage à son plus bas niveau depuis 15 ans, à 7,1 % au deuxième trimestre 2026, selon l'Insee.
Les priorités des derniers mois
Emmanuel Macron a fixé trois priorités pour la fin de son quinquennat : la plein-emploi, la transition écologique et la sécurité. Il a annoncé la tenue d'un « Grenelle de la sécurité » à la rentrée, réunissant élus, forces de l'ordre et magistrats. Il a également promis un « plan national d'adaptation au changement climatique » pour 2027, avec un objectif de réduction de 55 % des émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030.
Sur le plan international, le président a réaffirmé son soutien à l'Ukraine et a appelé à une « Europe plus souveraine ». Il a également annoncé une visite d'État en Allemagne en octobre, afin de « renforcer le couple franco-allemand ».
Une opposition critique
Les oppositions ont réagi vivement à ce discours. Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national, a dénoncé un « bilan en trompe-l'œil » et une « fuite en avant ». Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise, a estimé que « le président est en campagne permanente » et a appelé à « une alternative sociale et écologique ». De son côté, Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France, a salué « un discours de vérité » mais a regretté « un manque de perspectives pour les classes moyennes ».
Selon un sondage Ifop publié dimanche, 68 % des Français jugent que le bilan d'Emmanuel Macron est « plutôt négatif ». Cependant, 54 % d'entre eux estiment que le président « a su gérer les crises ».
Cette dernière rentrée politique intervient à un an de l'élection présidentielle de 2027. Emmanuel Macron a conclu son discours en appelant les Français à « ne pas avoir peur de l'avenir » et à « faire confiance à la jeunesse ». Il a également annoncé la création d'un « Conseil présidentiel de la jeunesse » pour associer les jeunes aux décisions.



