Sébastien Lecornu, dernier Premier ministre de Macron, s'installe durablement à Matignon
Lecornu, dernier PM de Macron, s'installe durablement

Sébastien Lecornu, le dernier chef de gouvernement du second mandat d'Emmanuel Macron

Selon toutes les probabilités, Sébastien Lecornu restera le dernier Premier ministre du second quinquennat d'Emmanuel Macron. Sa remarquable capacité à faire adopter un budget en l'absence de majorité absolue à l'Assemblée nationale, là où deux de ses prédécesseurs immédiats, Michel Barnier et François Bayrou, avaient échoué, renforce considérablement sa position et sa cote auprès du palais de l'Élysée.

Un contexte politique favorable à la stabilité gouvernementale

La campagne pour les élections municipales de mars prochain, qui sera immédiatement suivie par les préparatifs intensifs de l'élection présidentielle de 2027, contribue significativement à éloigner les risques d'une dissolution de l'Assemblée nationale. Tous les esprits politiques sont désormais tournés vers l'après-Macron, créant un environnement plus stable pour l'exécutif.

Sauf faute grave ou imprévu majeur, l'actuel occupant de l'hôtel de Matignon est donc parti pour durer aussi longtemps qu'Emmanuel Macron lui-même, jusqu'à la fin naturelle du mandat présidentiel.

Le profil spécifique des Premiers ministres de fin de mandat

Dans l'histoire riche de la Ve République, les chefs de gouvernement en fin de mandat présidentiel présentent traditionnellement des caractéristiques bien particulières. Certains se distinguent par une loyauté absolue et inébranlable envers le président sortant.

  • Pierre Messmer (1972-1974)
  • Pierre Bérégovoy (1992-1993)
  • Bernard Cazeneuve (2016-2017)

Ces figures incarnent parfaitement ce premier profil de fidélité présidentielle totale.

D'autres Premiers ministres, à l'instar de Raymond Barre (1976-1981) et de François Fillon (2007-2012), ont tenu à affirmer leurs convictions personnelles avec force. Sans jamais être pris en défaut de déloyauté ouverte, ils ont défendu avec constance la rigueur budgétaire et économique à laquelle ils croyaient profondément, et ce dans une période électorale généralement peu propice à ce type de politique austère.

Dominique de Villepin, un cas à part plus intrépide

Dominique de Villepin (2005-2007) a quant à lui fait surgir un nouveau type de personnage politique, beaucoup plus audacieux et entreprenant. Pour tenter de désensabler le dernier mandat de Jacques Chirac et contrecarrer efficacement la montée en puissance de Nicolas Sarkozy au sein de leur propre camp, l'ancien secrétaire général de l'Élysée s'est lancé dans un ambitieux programme de réformes libérales à haut risque.

Ce projet s'est malheureusement échoué en 2006 sur la révolte étudiante massive contre la création controversée du contrat première embauche (CPE), marquant un échec politique retentissant.

Aucune élection présidentielle réussie pour ces anciens Premiers ministres

Il est important de noter qu'aucun de ces Premiers ministres de fin de mandat n'a réussi par la suite à se faire élire président de la République française. Cette constante historique pèse certainement sur les calculs politiques actuels.

Les déclarations et ambitions de Lecornu

Dans l'interview substantielle qu'il a accordée à la presse régionale, samedi 7 février, Sébastien Lecornu nie fermement toute ambition présidentielle personnelle, se déclarant exclusivement et totalement concentré sur la période précédant la prochaine élection présidentielle.

Cependant, le fait que ses concurrents potentiels au sein du bloc central – à commencer par le secrétaire général de Renaissance, Gabriel Attal, qui avoue candidement que « dès qu'on met un pied sur le perron de Matignon, on pense inévitablement au perron de l'Élysée » – le surveillent attentivement du coin de l'œil accrédite sérieusement l'idée que rien ne peut être définitivement exclu dans le paysage politique français en perpétuelle évolution.