Affaire Epstein : le gouvernement Starmer et la famille royale britannique sous pression
Affaire Epstein : le gouvernement Starmer et la royauté sous pression

Affaire Epstein : le gouvernement Starmer et la famille royale britannique sous pression

Le Premier ministre britannique Keir Starmer, fragilisé par les retombées politiques de l’affaire Jeffrey Epstein, a résisté lundi aux appels à la démission. Il a exhorté ses équipes à rester unies alors que son directeur de la communication a été sacrifié, à l’instar du chef de cabinet du 10 Downing Street.

Des démissions en cascade au sein de l’équipe gouvernementale

Le directeur exécutif de la communication, Tim Allan, a expliqué dans un communiqué vouloir favoriser la constitution d’une nouvelle équipe pour soutenir le chef du gouvernement travailliste. Ce dernier est mis sous pression après sa décision de nommer Peter Mandelson ambassadeur aux États-Unis alors que ses liens avec le pédocriminel américain Jeffrey Epstein étaient notoires.

Tim Allan, conseiller de Tony Blair de 1992 à 1998, avait été nommé responsable de la communication en septembre 2025. Son départ intervient au lendemain de la démission de Morgan McSweeney, principal conseiller de Keir Starmer. Ce dernier a déclaré assumer la responsabilité d’avoir conseillé la nomination de Peter Mandelson en février 2015.

Un Premier ministre contesté au sein de son propre parti

À la question de savoir si le Premier ministre allait se retirer, son porte-parole a répondu lundi matin par la négative à des journalistes. Keir Starmer, qui affirme avoir été floué par les mensonges de Mandelson, a présenté jeudi dernier ses excuses aux victimes de Jeffrey Epstein. Cependant, son absence de discernement est vivement critiquée au sein même de son parti, le Labour, où les appels à sa démission se multiplient.

En réponse, un porte-parole de Downing Street a déclaré que Starmer disposait d’un mandat clair de cinq ans de la part du peuple britannique pour conduire le changement, et c’est ce qu’il fera. Les coûts d’emprunt du gouvernement britannique ont toutefois augmenté, reflétant les inquiétudes des investisseurs quant à l’orientation future de la politique budgétaire du gouvernement travailliste.

Des répercussions au-delà des frontières britanniques

Après la révélation de ses liens passés avec Jeffrey Epstein, Caroline Lang a démissionné, lundi, du conseil d’administration du Refuge. Cette fondation, dont le siège est à Montpellier, accompagne des jeunes LGBT+ en rupture familiale. Son père, Jack Lang, a démissionné, lui, samedi, de la présidence de l’Institut du monde arabe.

L’ancien ministre de la Culture, dont le nom est cité à 673 reprises dans des échanges avec le milliardaire pédocriminel, a été placé sous protection policière, tout comme sa femme Monique, en raison de menaces proférées sur les réseaux sociaux.

La famille royale également touchée par le scandale

Alors que la police de Windsor examine de nouvelles informations selon lesquelles l’ancien prince Andrew aurait transmis en 2010 au pédocriminel des documents potentiellement confidentiels, le roi Charles III s’est dit, lundi, profondément inquiet et prêt à aider la police. Cette déclaration intervient dans un contexte où la monarchie britannique cherche à préserver son image.

Une tentative de reprendre le contrôle qui échoue

Après avoir décidé dimanche avec Morgan McSweeney que le moment était venu pour ce dernier de partir, Keir Starmer espérait reprendre la main sur le récit politique. Il tentait de recentrer l’action gouvernementale sur des priorités jusqu’ici éclipsées, notamment la lutte contre la crise du coût de la vie et la relance de l’économie britannique. Cette stratégie semble avoir échoué face à l’ampleur du scandale.

Le silence stratégique de Ghislaine Maxwell

Au même moment, Ghislaine Maxwell, la complice de Jeffrey Epstein, invoquait le droit au silence devant le Congrès américain. Elle a expliqué qu’elle ne parlerait qu’en échange d’une grâce présidentielle de Donald Trump, ajoutant une dimension internationale supplémentaire à cette affaire déjà complexe.

L’affaire Epstein continue donc de secouer les plus hautes sphères du pouvoir au Royaume-Uni et au-delà, mettant en lumière les liens troubles entre personnalités politiques, membres de la famille royale et le réseau criminel du milliardaire américain.