Emmanuel Macron défend le projet d'avion de combat européen malgré les tensions
Macron défend l'avion de combat européen malgré les tensions

Emmanuel Macron soutient fermement le projet d'avion de combat européen

Le président français Emmanuel Macron a exprimé son soutien sans équivoque au futur avion de combat européen (SCAF), le qualifiant de « bon projet » dans une interview publiée simultanément dans plusieurs médias internationaux, dont Le Monde, The Economist et la Süddeutsche Zeitung. Le chef de l'État a déclaré ne pas avoir « aucune expression allemande pour me dire que ce n'est pas un bon projet », soulignant ainsi sa conviction dans la valeur stratégique de ce programme.

Un appel à avancer malgré les tensions industrielles

Malgré les tensions persistantes entre les industriels français et allemands, Emmanuel Macron a insisté sur la nécessité de faire progresser le projet. Il a critiqué les tentatives de « dissynergie » de la part des entreprises, affirmant que « ce n'est pas à nous de la cautionner ». Le président a également annoncé qu'il rediscuterait prochainement de ce dossier avec le chancelier allemand Friedrich Merz, soulignant l'importance d'un dialogue continu entre les deux nations.

Une mise en garde sur les conséquences d'un retrait allemand

Emmanuel Macron a émis une mise en garde claire concernant les risques d'un éventuel retrait allemand du projet SCAF. Il a déclaré : « Parce que vous imaginez, si d'aventure, le partenaire allemand remettait en cause l'avion commun, on serait obligé de remettre en cause le char commun ». Cette remarque fait référence au char de combat commun, un autre projet de coopération militaire franco-allemande, et illustre les interdépendances stratégiques entre les deux pays.

Le rôle central de Dassault et les défis du projet

Lancé en 2017, le projet SCAF est un élément clé de la coopération militaire franco-allemande, visant à remplacer les avions Rafale français et Eurofighter allemands et espagnols d'ici 2040. Ce programme s'inscrit dans un contexte de réarmement européen face aux tensions accrues avec la Russie. Cependant, les industriels peinent à trouver un terrain d'entente.

L'avionneur français Dassault, désigné comme maître d'œuvre, réclame plus d'autonomie dans la fabrication, ce qui irrite l'Allemagne et l'Espagne, qui a rejoint le programme en 2019. Ces désaccords ont conduit certains milieux industriels allemands à plaider pour un changement d'alliance, avec des spéculations médiatiques évoquant un possible rapprochement avec le projet concurrent GCAP, impliquant le Royaume-Uni, l'Italie et le Japon.

Malgré ces défis, Emmanuel Macron reste déterminé à faire avancer le SCAF, considérant ce projet comme essentiel pour l'autonomie stratégique et la défense européenne. Sa position ferme reflète l'importance accordée à cette coopération transfrontalière dans un environnement géopolitique de plus en plus incertain.