Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a répondu ce vendredi à Jean-Luc Mélenchon, qui avait critiqué jeudi soir le manque de fermeté du gouvernement face aux ingérences étrangères. Barrot a affirmé que la France « ne tolérera aucune tentative d’ingérence étrangère dans son débat démocratique », et « à plus forte raison dans ses processus électoraux », à huit mois de l’élection présidentielle.
Une réponse cinglante du chef de la diplomatie
Dans un message publié sur X (anciennement Twitter), Jean-Noël Barrot s’est adressé directement à Jean-Luc Mélenchon : « M. Mélenchon, les tentatives d’ingérence étrangère à des fins de manipulation de notre débat démocratique sont un sujet trop sérieux pour en faire le prétexte à une interpellation dont vous savez très bien qu’elle est infondée. » Il a accompagné ce message d’un lien vers un article sur la lutte contre les ingérences.
Cette réponse intervient après que Mélenchon a déploré que la présidentielle française soit un « open bar pour tous les manipulateurs du monde ». Le chef de file de La France insoumise a également évoqué un échange tendu entre la cheffe des Écologistes, Marine Tondelier, et le patron de X, Elon Musk.
Des opérations de déstabilisation attribuées à des réseaux prorusses
Plusieurs personnalités politiques françaises ont récemment été la cible de campagnes de désinformation. Édouard Philippe (Horizons, centre droit) a été calomnié sur son état de santé. Raphaël Glucksmann (Place publique, gauche) a été visé à travers sa compagne, la journaliste Léa Salamé, accusée d’avoir soudoyé des médias pour favoriser la candidature de son mari. Gabriel Attal (Renaissance, centre droit) a, quant à lui, été présenté comme potentiellement atteint de la maladie de Parkinson.
Ces opérations sont attribuées à des réseaux prorusses. Le porte-parole adjoint de la diplomatie russe, Alexeï Fadeïev, a critiqué de son côté « l’acharnement des dirigeants français à attribuer une origine russe à tous les problèmes du pays ». Il s’exprimait après l’arrêté d’expulsion pris par la France contre la chroniqueuse russe pro-Kremlin Xenia Fedorova, qualifié de « persécution politique de journalistes sur la base d’accusations fallacieuses ».
La distinction entre ingérence et expression politique
Jean-Noël Barrot a toutefois appelé à faire une distinction. D’une part, les ingérences étrangères, et d’autre part, le fait qu’un « responsable politique étranger exprime une préférence ou un rejet pour une ligne politique dans un autre pays ». Ce qui « ne constitue pas un acte de manipulation du débat public », a-t-il précisé. Cette mise au point fait suite aux propos d’Elon Musk, qui a accusé jeudi Marine Tondelier de « trahison envers la France », après que celle-ci s’est déclarée favorable à l’interdiction de son réseau social durant la campagne.
La régulation des plateformes comme solution
Pour le ministre, « ce face à quoi nous devons être intraitables, ce sont les tentatives de falsification de notre débat démocratique via la promotion inauthentique, coordonnée et organisée en ligne de messages pensés et construits à l’étranger » destinés à influer sur l’élection. Il a estimé qu’« une partie de la solution passe par la régulation des grandes plateformes ».
Cette déclaration intervient alors que la France se prépare pour l’élection présidentielle de 2027, et que les autorités redoutent des tentatives de déstabilisation venues de l’étranger.



