Primaire à gauche : Glucksmann, rampe de lancement ou piège ?
Glucksmann et la primaire : rampe de lancement ou piège ?

Raphaël Glucksmann, député européen et figure de la gauche sociale-démocrate, a relancé le débat sur une primaire à gauche en vue de l'élection présidentielle de 2027. Dans un entretien récent, il a affirmé que cette primaire pourrait être « une rampe de lancement » pour la gauche, mais aussi « des sables mouvants ». Cette déclaration intervient alors que la gauche cherche à surmonter ses divisions et à construire une alternative crédible face à Emmanuel Macron et Marine Le Pen.

Une initiative stratégique pour 2027

Glucksmann, qui a recueilli environ 7 % des voix aux européennes de 2019, voit dans la primaire un moyen de fédérer les forces de gauche. Selon lui, une primaire ouverte et transparente permettrait de désigner un candidat unique, capable de rassembler au-delà des appareils politiques. Il cite l'exemple de la primaire de 2011 qui avait désigné François Hollande, un processus qui avait « dynamisé » la gauche et conduit à la victoire de 2012.

Les risques d'une primaire

Cependant, l'eurodéputé met en garde contre les dangers d'une telle procédure. Il évoque les « sables mouvants » d'une primaire qui pourrait exacerber les rivalités personnelles et idéologiques, comme cela s'est produit en 2017 avec la primaire de la droite et du centre. « Il ne faut pas que la primaire devienne une guerre des chefs », prévient-il. Il insiste sur la nécessité de définir un projet commun avant de parler de personnes.

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Les réactions dans la classe politique

Les déclarations de Glucksmann ont suscité des réactions contrastées. Certains, comme le socialiste Olivier Faure, y voient une « bonne idée » à condition qu'elle soit inclusive. D'autres, à l'instar de l'insoumise Mathilde Panot, restent sceptiques, rappelant que « la primaire n'est pas une fin en soi ». Pour Mélenchon, qui a déjà annoncé sa candidature, la question est réglée : il ne participera pas à une primaire qui ne serait pas « populaire ».

Un calendrier serré

Le calendrier s'annonce toutefois compliqué. Les élections régionales de 2021 et les législatives de 2022 pourraient rebattre les cartes. Glucksmann propose d'organiser la primaire « au premier semestre 2021 », soit avant les régionales, afin de « donner une perspective » aux électeurs. Mais cette échéance paraît difficile à tenir, alors que les partis sont encore en pleine recomposition.

Quel avenir pour la gauche ?

Au-delà de la primaire, c'est la question de l'unité de la gauche qui est posée. Glucksmann appelle à « un pacte de non-agression » entre les différentes forces, pour éviter les candidatures multiples qui avaient affaibli la gauche en 2017. Il propose également la création d'un « observatoire des idées » pour préparer le terrain programmatique. Reste à savoir si ces propositions seront suivies d'effets, alors que les ego et les ambitions personnelles restent tenaces.

En définitive, la primaire apparaît comme un outil à double tranchant. Si elle peut offrir une tribune et une légitimité à son vainqueur, elle peut aussi fragiliser le camp qui s'y engage. Pour Glucksmann, l'enjeu est de taille : il joue sa crédibilité politique, mais aussi l'avenir d'une gauche qui cherche désespérément un second souffle. La décision finale appartient aux électeurs, qui devront trancher entre unité et dispersion.

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