Le vendredi 10 mai 2024, après la cérémonie de commémoration de l'abolition de l'esclavage, le Premier ministre Gabriel Attal s'est offert un bain de foule long et intense dans une ambiance détendue. Retour sur un moment marquant.
Un attroupement sur le Vieux Port
Sur le Vieux Port de La Rochelle, un énorme attroupement a perturbé le séjour des nombreux visiteurs de ce long pont de mai. Les touristes retiraient leurs lunettes de soleil et se mettaient sur la pointe des pieds, se demandant : « C'est qui ? » Gabriel Attal, Premier ministre, s'est offert un bain de foule ce vendredi 10 mai, après la cérémonie de commémoration de l'abolition de l'esclavage à laquelle il participait, exceptionnellement délocalisée de Paris à La Rochelle.
Un public tenu à l'écart
Le public venu assister aux discours et au dévoilement de la sculpture « Clarisse » dès 10 heures sur l'allée Aimé-Césaire, près du casino, était tenu à l'écart, parqué derrière des barrières à plus de 50 mètres des officiels. Mais Gabriel Attal n'avait pas l'intention de les snober. De sa propre initiative, il est allé à leur rencontre, serrant des poignes à des têtes plus blanches que blondes et recevant des encouragements : « Vous avez été super, ne lâchez rien ! »
Un accueil de rock star
Cette première rencontre n'était qu'une mise en bouche de ce qui l'attendait sur le Vieux Port : un raz de marée humain, totalement rallié à sa cause. Aucun incident n'a été constaté. Gabriel Attal a été accueilli comme une rock star. Il lui a fallu pas moins d'une heure et quinze minutes pour parcourir 150 mètres. La déambulation a commencé quai Maubec où l'attendait un petit contingent du comité de soutien Renaissance, drapeaux européen et français en main. De l'autre côté de la rue, derrière les gendarmes mobiles, les curieux avaient déjà dégainé l'appareil photo, prêts à lancer la machine à selfies.
« Vous êtes trop mignon »
Le Premier ministre ne s'est pas fait prier pour les photos. Sous un soleil de plomb, dans une foule compacte, ça pousse, ça hurle. On entend des « Gaby ! » comme si on interpellait un vieil ami. Gabriel Attal prend son temps, sourit, papote, caresse les petits chiens, s'intéresse : « Tu es d'où ? Tu t'appelles comment ? » après avoir tombé la veste. Il s'arrête tous les deux mètres, les policiers et sa garde rapprochée sont en sueur. Sur les terrasses des nombreux restaurants du quai Duperré, tant pis pour ceux qui voulaient déjeuner tranquille. Il dit bonjour de la main, de loin, salue les gens au balcon, à tel point que certains s'autorisent quelques familiarités. « Vous êtes vraiment trop mignon », lui lance une femme qui a l'âge d'être sa mère, totalement sous le charme. Un groupe de copines en enterrement de vie de jeune fille demande si le Premier ministre est « le cadeau ».
Une déambulation sous haute surveillance
Le cortège zigzague, parfois dangereusement vers le bout du quai. Le maire Jean-François Fountaine veille : « Attention à l'eau ! » hurle-t-il. C'est marée basse mais les policiers repoussent l'attroupement vers les restaurants. C'est plus prudent. Au bout d'une heure et quinze minutes de liesse populaire, le Premier ministre a accéléré le pas dans la rue Léonce-Vieljeux, direction la préfecture où l'attendait sa voiture. À un mois des élections européennes, le passage à La Rochelle a certainement rassuré le Premier ministre sur sa popularité, à différencier de la cote de confiance.



