Gabriel Attal à Bordeaux : livre, meeting et présidentielle en toile de fond
Gabriel Attal à Bordeaux : livre et meeting

Gabriel Attal à Bordeaux : dédicace et réunion publique

Gabriel Attal, ancien Premier ministre, est à Bordeaux ce mardi 5 mai pour dédicacer son livre « En homme libre » à la librairie Mollat à 18 heures. Il participera ensuite à une réunion publique à La Faïencerie à 20 heures, dans un contexte marqué par la présidentielle de l’an prochain.

Soutien à un boulanger et attaque de LFI

Interrogé sur l’attaque de Sébastien Lecornu, qualifié de « voyou » par La France insoumise après avoir soutenu un boulanger contrôlé le 1er mai, Attal déclare : « On est habitué aux outrances de LFI. J’ai aussi appelé ce boulanger pour lui apporter mon soutien. Ce 1er mai s’est déroulé dans un contexte de flou total. Ça fait des années que c’est le bazar. C’est pourquoi j’ai défendu un texte qui visait à clarifier la loi avant ce 1er mai. Le gouvernement l’a retiré sous la pression des syndicats et je le déplore. Mon souhait est que les choses se clarifient rapidement. »

Plafonnement des prix chez TotalEnergies

Face à la flambée des prix des carburants, Attal estime que TotalEnergies doit plafonner davantage ses prix : « Total fait l’essentiel de ses bénéfices à l’étranger. Plutôt que de passer par une taxe dont l’assiette ne serait pas forcément très large, passer par un mécanisme de plafonnement des prix à la pompe comme Total a commencé à le faire me semble être une bonne solution. L’important est que ce plafonnement se poursuive et l’idéal serait que le plafond sur le diesel soit réduit pour se rapprocher des 2 euros par litre, comme pour l’essence. »

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Aides ciblées et simplification

Sur le choix du gouvernement d’aides ciblées, Attal déclare : « Avec les aides ciblées se pose toujours la question des seuils. Beaucoup de Français bossent, galèrent et ont le sentiment d’être toujours au-dessus pour être aidé. J’aurais privilégié de passer par le barème des indemnités kilométriques que j’avais défendu à Bercy. Ça concerne tous les Français qui travaillent et utilisent leur voiture, soit 5 millions de personnes. Par ailleurs, l’aide est proportionnée à l’usage. Le gouvernement a choisi d’en passer par un chèque et je le soutiens. »

Dans son livre, Attal écrit que la France est « sous camisole ». Il affirme : « La simplification est la principale promesse déçue du macronisme. En 2017, il y avait cette idée de libérer les énergies. La réalité, c’est que les choses sont aujourd’hui plus compliquées. Mais je suis convaincu qu’il est possible de simplifier drastiquement en s’appuyant sur une plus grande efficacité du pouvoir, en partageant mieux les responsabilités. Assumons aussi de nommer à la tête des administrations des personnalités politiques qui ont pour mandat d’appliquer le programme du président élu. Ce sera pour moi une des grandes priorités de la présidentielle. »

Droit du travail et justice des mineurs

Sur le débat autour du 1er mai, Attal note : « On a un Parlement bloqué et un gouvernement empêché. Sur le droit du travail, il ne s’agit même plus de parler de simplification, il faut écrire un nouveau Code du travail, avec des grands principes sur quelques pages, le reste étant dévolu à la négociation des partenaires sociaux. »

À propos de son engagement « Tu casses, tu répares » pour lutter contre la violence des jeunes, il explique : « Quand j’étais Premier ministre, nous avons mis en place des mesures qui n’existaient pas pour les mineurs, comme les travaux d’intérêt général. Ma réforme a été empêchée par la dissolution. Bien sûr, j’en proposerai une nouvelle. Faire évoluer la Constitution, y compris sur la majorité pénale, fait partie de mes sujets en vue de 2027. »

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Retraites : vers un nouveau système

Attal propose de supprimer l’âge légal de départ à la retraite : « Je suis pour changer de système et assumer une vraie part de capitalisation. Oui, je veux supprimer l’âge légal de départ et ne garder que la durée de cotisation avec une liberté pour les Français. Vous voulez partir tôt, vous avez moins ; vous voulez partir tard, vous avez beaucoup plus. Si vous prenez sur les vingt dernières années, les dépenses de retraite ont augmenté de 20 %, celles de l’éducation ont baissé de 15 %. On ne prépare pas l’avenir ainsi. »

Présidentielle 2027 : campagne et rassemblement

Interrogé sur une éventuelle déclaration de candidature, Attal répond : « Non. Quand on s’engage en politique, on le fait pour avoir leur confiance et agir pour eux. Depuis dix-huit mois, j’ai pris du recul, j’ai travaillé pour me préparer et, bien sûr, j’ai envie de leur dire. »

Son meeting du 30 mai à Paris s’inscrit « dans la perspective de la présidentielle. Pour mettre en avant nos valeurs, notre détermination à empêcher un second tour de l’horreur entre LFI et le RN, et proposer un certain nombre de mesures pour le pays. »

À propos du comité de liaison entre Renaissance, Horizons et le Modem, Attal précise : « Il n’y a rien de caché. Pour 2027, il faut d’abord une vraie campagne. Il n’y en a pas eu en 2022. Une vraie campagne, ça veut dire plusieurs candidats, y compris sur un même espace politique. Ensuite, il faudra, s’il y a un risque de second tour entre les extrêmes, un vrai rassemblement. Ce comité de liaison doit le préparer. » Il confirme que « c’est autour de début 2027 que converge l’idée d’un rassemblement. »

Sondages : distance et limites

Dimanche, un sondage le plaçait à 14 % d’intentions de vote, derrière Édouard Philippe (19 %) et loin derrière Jordan Bardella (34 %). Attal commente : « Avec beaucoup de distance. Un an avant l’élection, elles ne disent rien des dynamiques qui auront lieu durant la campagne. À la différence d’autres candidats, comme Édouard Philippe, je ne le suis pas officiellement, donc comparer des personnes en campagne depuis un an et demi et d’autres qui ne le sont pas encore, ça a une certaine limite. »