Le conseil municipal de Fréjus, réuni hier soir dans la salle Riculphe pour sa rentrée, a été marqué par de vifs échanges entre la majorité et l'opposition. Dès la première délibération, Christine Romano, élue d'opposition, a pris la parole pour dresser un bilan critique de l'été, évoquant la canicule, la hausse de la taxe foncière et les projets contestés.
Une rentrée sous le signe de la canicule et des critiques
La séance, qui s'annonçait longue et studieuse ce jeudi 17 septembre 2026, a débuté par une minute de silence en hommage à Louis Bonnet, figure locale disparue cet été. Mais rapidement, les échanges se sont tendus. Christine Romano a salué l'action des sapeurs-pompiers tout en pointant des manquements attribués à la municipalité. « Le changement climatique est installé, nous devons y faire face à Fréjus comme ailleurs », a-t-elle lancé, avant de réclamer une vigilance accrue sur les moyens accordés aux pompiers et d'évoquer « les efforts d'isolation des logements et des bâtiments publics contre la canicule ».
L'élue d'opposition a également dénoncé « l'augmentation de la taxe foncière », affirmant avoir constaté une hausse de 25 % sur sa propre situation. Elle a aussi contesté la hausse des prix des parcmètres sur Fréjus-Plage, précisant qu'une pétition circulait, et s'est opposée au projet d'école-usine de La Baume, dont le coût est évalué à 32 millions d'euros.
La majorité répond point par point
Le maire David Rachline a répondu en soutenant les sapeurs-pompiers, tout en rappelant que cela ne relève pas directement de la compétence municipale. « Au sujet de la végétalisation, nous avons fait des efforts considérables (écoles, Promenade des bains, entre autres) », a-t-il affirmé. Gilles Longo, premier adjoint aux finances, a ensuite réfuté les critiques : « La Ville de Fréjus a déjà entamé, depuis un long moment, les investissements dont vous parlez. On n'a pas attendu la canicule de cet été pour faire ce qu'il fallait, notamment dans les écoles maternelles, dans les dortoirs des enfants et dans les bâtiments communaux. »
Il a rappelé les 200 millions d'euros d'investissements réalisés depuis 2014, destinés à l'isolation, au changement des chaudières et à l'éclairage public LED. Concernant le groupe scolaire de La Baume, il a souligné que ce projet répond à une demande de l'opposition, en remplacement d'écoles vétustes comme celle de Paul-Roux, qu'il a qualifiée d'« école digne de l'ex-URSS ».
Une hausse d'impôts assumée et ciblée
Gilles Longo a justifié l'augmentation de la taxe foncière par la nécessité d'autofinancer des projets pour 2026, 2027 et début 2028 : le groupe scolaire de La Baume, l'agrandissement de l'école Aubanel, les nouveaux services techniques et les nouvelles maisons de la Tour-de-Mare et de Fréjus-Plage. « Ce qui permettra de ne pas augmenter la dette », a-t-il assuré, tout en reconnaissant que « c'est compliqué pour tout le monde en ce moment », citant l'exemple du carburant, avec 40 euros de plus par semaine depuis mars pour lui-même.
Le maire a conclu en souriant : « L'objectif n'était pas de faire un débat de politique générale en entrée de ce conseil, mais j'espère qu'on a répondu à votre intervention, Mme Romano. » La séance s'est poursuivie sur ces bases, avec la certitude que les prochains débats seront tout aussi animés.



