Le gouvernement de Donald Trump a annoncé ce lundi 18 mai la création d'un fonds d'indemnisation « anti-instrumentalisation », doté de près d'1,8 milliard de dollars. Cette initiative, qui suscite l'indignation du camp démocrate, vise à indemniser les partisans de l'ancien président républicain qui estiment avoir été injustement poursuivis sous l'administration de Joe Biden.
Un fonds controversé
Derrière cette appellation se cache une manne financière gérée par le ministère de la Justice, sur laquelle la Maison Blanche aura un droit de regard, voire de veto. Le fonds pourra servir à « réparer » les préjudices subis par les fidèles de Donald Trump, notamment les centaines de personnes condamnées pour leur participation à l'assaut du Capitole le 6 janvier 2021. Le président américain a déjà gracié plus d'un millier d'entre eux dès son retour à la Maison Blanche en janvier 2025.
« Le ministre de la Justice a créé le fonds anti-instrumentalisation afin de mettre en place un processus systématique pour entendre et réparer les griefs des personnes ayant été victimes d'une instrumentalisation politique de la justice », a précisé le ministère dans un communiqué. Le fonds, qui « cessera de traiter les demandes au plus tard le 15 décembre 2028 », sera composé de fonds fédéraux.
Les modalités du fonds
Les cinq membres du fonds seront nommés par le ministre de la Justice, et le président américain aura le pouvoir de révoquer tout membre. « L'appareil d'État ne devrait jamais être instrumentalisé contre un Américain, et ce ministère a l'intention de réparer les torts causés par le passé, tout en veillant à ce que ça ne se reproduise pas », a déclaré le ministre de la Justice par intérim, Todd Blanche, ancien avocat personnel de Donald Trump.
En échange de la création de ce fonds, Donald Trump a accepté de retirer sa plainte dans une affaire qui l'opposait au fisc américain (IRS). Dans ce dossier, où apparaissaient également ses deux fils aînés Eric et Donald Jr., le milliardaire réclamait dix milliards de dollars de dommages et intérêts après la fuite de déclarations d'impôts pendant son premier mandat. Selon l'accord conclu, tous trois recevront des excuses formelles mais aucune compensation financière.
Les démocrates dénoncent une « caisse noire »
Cette initiative a provoqué une vive réaction dans les rangs démocrates. La députée Alexandria Ocasio-Cortez a évoqué une manœuvre de « corruption pure et simple ». « De toutes les choses corrompues qu'il a faites, celle-ci est l'une des plus abjectes », s'est agacé le sénateur Chuck Schumer, chef de la minorité démocrate.
Hillary Clinton, candidate malheureuse à la présidentielle de 2016, a également critiqué cette décision : « Trump ne s'est pas contenté de gracier ses partisans qui ont pris d'assaut le Capitole. Il s'est maintenant arrangé pour créer une caisse noire pour récompenser ses alliés – avec l'argent de vos impôts. Ça ne s'invente pas. »
Depuis son retour à la présidence, Donald Trump a multiplié les mesures punitives contre ses opposants, allant de poursuites pénales contre des adversaires politiques à la purge de hauts fonctionnaires jugés déloyaux, en passant par le ciblage de cabinets d'avocats impliqués dans des affaires le concernant et la réduction de financements fédéraux à des universités.



