Drapeaux à Nice : Ciotti critiqué par les syndicats et l'opposition
Drapeaux à Nice : Ciotti critiqué par syndicats et opposition

L'annonce par Éric Ciotti, maire de Nice, de l'installation de mâts avec le drapeau français dans les cours de chaque école élémentaire de la ville d'ici « la Toussaint » a provoqué une levée de boucliers, ce vendredi 28 août 2026. Syndicats d'enseignants, fédérations de parents d'élèves et élus d'opposition ont exprimé leur mécontentement, dénonçant une « opération de communication » et une « diversion politique ».

Une annonce qui suscite la colère des syndicats

Gilles Jean, secrétaire général du SNUipp-FSU, principal syndicat enseignant du premier degré, n'a pas mâché ses mots : « C'est une instrumentalisation de l'école. Chaque établissement scolaire dispose déjà d'un drapeau sur son fronton et chaque classe possède un drapeau français, européen et niçois. » Le syndicat dénonce la volonté du maire UDR (Union des droites pour la République) d'installer ces mâts « dès cette rentrée et jusqu'aux vacances de la Toussaint », ainsi que son souhait de voir « au moins chaque semaine une levée des couleurs dans chaque école le matin, à la rentrée, avec La Marseillaise ».

Éric Ciotti a justifié cette initiative en affirmant que les enfants « ont besoin d'épouser ces valeurs, d'aimer les symboles de notre nation pour les respecter dans l'école et en dehors ». Une position que conteste fermement Gilles Jean : « Les valeurs de la République sont déjà au programme au CP où les enfants doivent apprendre à reconnaître La Marseillaise et en CE1 où ils la chantent. La Ville n'a pas à s'occuper du contenu pédagogique. »

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Le recteur et les parents d'élèves montent au créneau

Interrogé lors d'une conférence de presse ce vendredi, le nouveau recteur de l'Académie, Emmanuel Roux, a indiqué n'avoir « reçu aucune demande officielle de la part d'Éric Ciotti » concernant une éventuelle rencontre. « Le seul contact que j'ai eu c'est pour prendre rendez-vous. Je dois voir le maire de Nice dans une quinzaine de jours, nous aborderons un certain nombre de sujets », a-t-il précisé, ajoutant que cet échange serait « l'occasion de rappeler ce que faisait déjà l'Éducation nationale tout au long de l'année en matière de transmission des valeurs de la République ».

Khadija El Ouahabi, présidente de la FCPE 06, la fédération des parents d'élèves, a martelé : « Le temps scolaire n'appartient pas aux collectivités mais à l'Éducation nationale. Nous aurions aimé que l'argent mis pour acheter les mâts soit investi pour permettre la gratuité des fournitures scolaires aux écoliers. » Pour rappel, la nouvelle municipalité a choisi de ne pas reconduire la distribution d'un kit de fournitures scolaires gratuit, une mesure initiée par Christian Estrosi et qui n'aura été appliquée qu'une seule fois.

L'opposition dénonce une « diversion politique »

Gilles Jean s'interroge également sur le temps consacré à cette levée du drapeau : « Sur quel temps cela va-t-il être réalisé ? », insistant sur le fait que « l'école n'est pas une caserne ». Il conclut : « C'est juste une opération de communication. » Khadija El Ouahabi renchérit avec ironie : « Si la mairie a de l'argent à dépenser, on a des idées. Qui mieux que la communauté éducative pour parler de l'école ? »

Les réactions politiques n'ont pas tardé. David Nakache, membre du rassemblement citoyen ViVA ! et président de l'association Tous citoyens, a dénoncé : « Éric Ciotti a supprimé la distribution de fournitures scolaires mais veut des levées de drapeau au son de la Marseillaise. Le message est clair : le chauvinisme remplace la lutte contre les inégalités sociales. »

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Juliette Chesnel-Le Roux, à la tête du groupe d'opposition de gauche et écologiste à la mairie de Nice, a également critiqué cette initiative : « Après le pavoisement de Cagnes-sur-Mer, c'est Nice qui privilégie les drapeaux plutôt que les fournitures scolaires. Quand on supprime les fournitures scolaires gratuites, on ne peut pas faire oublier aux familles la facture de la rentrée en agitant un drapeau. » Pour l'élue, il ne s'agit que d'une « diversion politique », accusant la mairie de « multiplier les symboles pour donner l'illusion d'agir ». Elle a conclu : « Les valeurs de la République ne se chantent pas une fois par semaine, elles se font vivre tous les jours. […] Les enfants ont besoin de livres, de fournitures, de cantines accessibles, d'enseignants et de bâtiments dignes et pas d'opération de communication. »