Édouard Philippe, l'ancien Premier ministre, continue de déjouer les pronostics. Alors que François Bayrou, figure centriste et maire de Pau, avait prédit son effacement après son départ de Matignon, Philippe demeure une figure centrale de la vie politique française. Sa popularité persistante et son influence croissante au sein de la droite et du centre-droit contredisent les analyses de Bayrou.
Une popularité qui défie les attentes
Selon un sondage Ifop publié en janvier 2023, Édouard Philippe recueille 42 % d'opinions favorables, un score élevé pour un ancien chef de gouvernement. Cette cote de popularité le place parmi les personnalités politiques les plus appréciées des Français, loin devant François Bayrou qui plafonne à 30 %. Philippe a su capitaliser sur son image de gestionnaire efficace pendant la crise sanitaire et sur sa discrétion relative depuis son départ.
François Bayrou avait déclaré en 2020 que Philippe « ne ferait pas de vie politique durable » et que son « avenir était derrière lui ». Ces prédictions se révèlent erronées. Non seulement Philippe a fondé son propre parti, Horizons, mais il a également tissé des alliances stratégiques, notamment avec le parti Les Républicains et la majorité présidentielle.
Un réseau d'influence en expansion
Édouard Philippe multiplie les initiatives politiques. Son parti Horizons revendique 30 000 adhérents et une présence dans plus de 200 circonscriptions. Il a également lancé un club de réflexion, « Le Cercle de l'Équilibre », qui réunit des élus et des experts pour débattre des enjeux nationaux. Philippe s'est imposé comme un interlocuteur incontournable pour Emmanuel Macron, tout en maintenant une ligne indépendante.
L'ancien Premier ministre a su cultiver des relations avec les médias et les milieux économiques. Il intervient régulièrement dans des conférences et des colloques, et son livre « Des lieux qui disent quelque chose » (2022) a rencontré un certain succès en librairie. Cette visibilité médiatique renforce son aura et lui permet de peser dans les débats politiques.
Les raisons d'une résilience politique
Plusieurs facteurs expliquent la longévité politique d'Édouard Philippe. D'abord, sa gestion de la pandémie de Covid-19 a été largement saluée, même si des critiques ont émergé sur la gestion des stocks de masques. Ensuite, son style discret et mesuré contraste avec l'agitation du paysage politique français. Il incarne une forme de stabilité et de sérieux qui séduit une partie de l'électorat.
Enfin, Philippe a su éviter les pièges des querelles partisanes. Il se positionne comme un « homme de droite modérée », capable de dialoguer avec les macronistes comme avec les Républicains. Cette ligne lui permet de rassembler au-delà de son propre camp, contrairement à François Bayrou, souvent perçu comme trop proche du pouvoir en place.
François Bayrou, un pronostiqueur en échec
François Bayrou, pourtant fin connaisseur de la politique, a sous-estimé la capacité de Philippe à rebondir. En 2020, il affirmait que « le départ de Matignon sonnait le glas de sa carrière ». Aujourd'hui, Bayrou doit constater que Philippe non seulement survit, mais prospère. Le maire de Pau, qui a lui-même connu des revers électoraux, voit son jugement mis en défaut.
Cette situation illustre les aléas de la politique française, où les trajectoires sont rarement linéaires. Édouard Philippe prouve qu'un ancien Premier ministre peut rester influent, à condition de savoir évoluer et de cultiver son capital sympathie. François Bayrou, de son côté, devra peut-être revoir ses pronostics.



