Débâcle électorale pour le Labour aux élections locales britanniques
Débâcle électorale pour le Labour aux locales

Une défaite cinglante pour les travaillistes

Une véritable débâcle, résumaient médias britanniques et experts politiques au lendemain des élections locales qui se déroulaient un peu partout dans le pays. Ce scrutin devait prendre le pouls des électeurs face à la politique travailliste. Mais juillet 2024 et le résultat historique du parti mené par Keir Starmer lors des élections générales semble bien loin.

Deux ans après l’arrivée des travaillistes au pouvoir, le mécontentement est grand. C’est en tout cas ce que le résultat des urnes du jeudi 7 mai a clairement laissé entrevoir.

Lors de ce scrutin local, plus de 5 000 sièges dans 136 localités étaient remis en jeu. Les premiers résultats donnés à la mi-journée du 8 mai – lesquels tombaient au compte-goutte – montraient que le Labour avait déjà perdu 338 sièges sur les 2 557 qu’il détenait jusque-là. Il avait également perdu le contrôle de douze villes.

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Reform UK, grand vainqueur

Le grand gagnant de ce scrutin aura été sans aucun doute Reform UK avec 604 sièges remportés et des prises de contrôle totales dans certaines régions notamment dans l’est de l’Angleterre, mais aussi dans le nord du pays avec Newcastle-under-Lyme.

« Un moment historique dans la politique britannique »

Le parti de Nigel Farage a également mis la main sur une localité de Londres, Harvering. Une première. En fin de journée, il avait aussi déjà pris le contrôle de quatre municipalités. « Ce qui s’est passé aujourd’hui est un moment historique dans la politique britannique », a lancé Nigel Farage. « Jusque-là, nous avions l’habitude de penser la politique en termes de droite ou gauche mais Reform a été capable de gagner dans des zones qui ont toujours été acquises aux conservateurs, et nous venons de prouver de l’une des plus grandes manières que nous le pouvons aussi dans des localités dominées par les travaillistes depuis la fin de la Première Guerre mondiale ».

La polémique autour de la non-déclaration du chef de file de Reform UK aux autorités de la transparence de la vie publique britannique d’un don de 5 millions de livres sterling de la part du milliardaire Christopher Harbone, quelques jours seulement avant de se déclarer candidat à la députation, n’aura donc aucun impact sur les électeurs.

Les appels à la démission de Keir Starmer se multiplient

Les appels à la démission de Keir Starmer se sont multipliés après l’annonce des résultats. Le leader local du parti au sein du conseil municipal de Hull, Darren Hale, a expliqué très tôt dans la matinée du 8 mai à la BBC : « Je ne veux pas de mal à Keir Starmer mais je pense qu’il n’est pas la meilleure personne pour nous emmener plus loin ». Autrement dit aux prochaines élections générales.

Mais le Premier ministre ne compte en aucun cas partir et l’a fait rapidement savoir. S’il a reconnu que les résultats « font mal » et sont difficiles à digérer, il a dit en prendre l’entière responsabilité. « Les électeurs ont envoyé un message clair concernant le rythme du changement. Mais il n’est pas question que je tourne les talons devant les problèmes et les défis qui durent depuis très longtemps, mais pour lesquels nous n’avons pas fait assez pour convaincre les gens que nos mesures pourraient améliorer leur vie plus rapidement et en mieux ».

Keir Starmer, un mandat de cinq ans

Keir Starmer a assuré que « les jours compliqués comme celui que l’on vient de connaître n’affaiblissent pas (sa) volonté de continuer le changement (qu’il a) promis, au contraire ils ne font que la renforcer », rappelant qu’il avait été élu pour un mandat de cinq ans et promettant de nouvelles mesures dans les jours à venir.

Les conservateurs aussi en baisse

Les conservateurs ont aussi beaucoup perdu pendant cette élection, notamment des municipalités importantes comme Hampshire County Council ou Bexley à Londres. Mais ils ont réussi à prendre Westminster aux travaillistes et gardé quelques localités comme Kensington et Chelsea à Londres. La cheffe de file Kemi Badenoch tenait une conférence de presse en fin journée, sourire aux lèvres, expliquant que le parti allait continuer à se battre. « Ce n’est que le début et non pas la fin ».

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Les autres gagnants : Libéraux et Verts

Outre Reform UK, l’autre gagnant de la soirée aura aussi été les Liberal Democrats avec 55 sièges de remportés, selon les résultats à la mi-journée. Ils ont aussi pris le contrôle de certaines grandes villes comme Portsmouth ou Stockport.

Les Verts ont fait un peu mieux que les dernières élections locales l’an dernier, avec 35 sièges de gagnés et une victoire remarquée à la mairie d’Hackney dans l’est de Londres. Mais cela reste loin des ambitions affichées par le parti qui pensait bénéficier de la popularité de son chef, même si controversé, Zack Polanski.

« La politique bipartite est morte et enterrée. Les gens n’en peuvent plus du Labour mais sont aussi enthousiastes à l’idée d’une alternative avec les Greens qui protègent la population et la planète. Quand vous combinez l’espoir et un programme, c’est ça que vous gagnez des élections comme cela a été le cas avec Hackney », a-t-il déclaré dans l’après-midi du vendredi 8.