Débat Medef : les leçons de la première confrontation
Débat Medef : les leçons de la première confrontation

Les sept principaux candidats déclarés à l’élection présidentielle se sont affrontés pour la première fois jeudi après-midi, lors de la Rencontre des entrepreneurs de France (REF) du Medef, à Roland-Garros. Pendant près de trois heures, Gabriel Attal, Raphaël Glucksmann, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, Édouard Philippe, Bruno Retailleau et Marine Tondelier ont répondu aux questions de chefs d’entreprise, confrontant leurs visions souvent antagonistes sur les grands enjeux économiques. Ce débat, selon le politologue Benjamin Morel, maître de conférences à Paris II Panthéon-Assas, « a donné le ton de la campagne ».

Un débat qui révèle les lignes de fracture

Pour Benjamin Morel, aucune séquence de ce débat n’a « enterré ou consacré » un candidat. Mais les positions sont claires : Jean-Luc Mélenchon est renvoyé à la radicalité, Marine Le Pen à un manque de crédibilité, tandis que Gabriel Attal et Édouard Philippe « peuvent difficilement avancer des propositions sans se voir renvoyés au bilan du macronisme et au manque de résultat de leur présence au pouvoir ». Le sous-texte du débat à venir, selon lui, est la volonté de tourner la page de dix ans avec Emmanuel Macron et la radicalité de la rupture d’un tel choix.

Les préférences du monde patronal

Le monde patronal, qui souhaite une forme de stabilité et de continuité, penche plutôt pour les options centristes ou LR. Jean-Luc Mélenchon semble être celui qui inquiète le plus, en raison de la radicalisation de certaines propositions, sur le volet économique mais aussi sur d’autres aspects. Benjamin Morel note que « toute la gauche, après certains débats comme celui sur la taxe Zucman, semble être devenue la bête noire d’une partie du monde patronal, ce qui est sans précédent depuis l’alternance de 1981 ». Le RN a, de son côté, fait beaucoup pour séduire le mouvement patronal, même si Marine Le Pen a témoigné moins en cela que Jordan Bardella.

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L’économie, une question centrale

L’économie sera une question centrale de l’élection, touchant au pouvoir d’achat et à la question de la dette. Les candidats devront rivaliser pour être à la fois crédibles et soigner leur électorat. Benjamin Morel souligne la difficulté de « caresser dans le sens du poil les retraités qui sont une base électorale fondamentale pour la droite et le centre et en même temps proposer une juste répartition des efforts ». L’examen du budget, qui va rythmer le début de la campagne, va exacerber ces questions.

Quelles perspectives pour la suite ?

L’émergence d’autres candidats pourrait-elle changer la donne ? Benjamin Morel estime qu’une campagne coûte cher et implique un appareil. Or, pour l’instant, tous les véhicules politiques portent des candidatures. Il faudrait un espace libre. Il rappelle que ce qui a fait Emmanuel Macron en 2017, ce n’est pas d’abord les qualités du candidat, mais un espace politique qui s’ouvre. Aujourd’hui, l’espace central est surpeuplé de candidatures, tout comme la gauche, et le RN tient assez son électorat pour ne pas craindre d’y voir émerger un rival.

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