Réforme du contrôle technique : airbags et freinage automatique bientôt inspectés
Contrôle technique : airbags et freinage auto bientôt vérifiés

À Bruxelles, le chantier du contrôle technique vient de franchir un cap discret mais décisif. Le 5 mai 2026, la commission Transports du Parlement européen a arrêté sa position sur la refonte de la directive 2014/45/UE, texte fondateur qui régit depuis plus d’une décennie les inspections automobiles dans l’Union. Adopté à une majorité nette, ce virage réglementaire souligne aussi une évidence : la législation roule avec plusieurs longueurs de retard sur la technologie embarquée.

Car aujourd’hui encore, aucun centre de contrôle technique en Europe n’est tenu d’examiner des équipements pourtant omniprésents sur les voitures modernes. Airbags et freinage automatique d’urgence, ces dispositifs, devenus familiers aux usagers, échappent encore à toute vérification périodique. Une anomalie que les eurodéputés entendent corriger rapporte le site Gocar.be. Demain, ces systèmes devront être inspectés, avec un objectif clair : s’assurer qu’ils fonctionnent réellement et ne se contentent pas d’exister sur le papier. Même logique pour les véhicules électrifiés, dont certains composants spécifiques feront enfin leur entrée dans les grilles d’inspection.

Autre révolution, plus coercitive celle-là : le lien entre rappels constructeurs et validation du contrôle technique. Un véhicule concerné par un rappel technique non effectué pourra se voir recalé. En clair, ignorer une défectuosité signalée par le constructeur, comme c’est trop souvent le cas actuellement avec les airbags Takata, expose à la non-délivrance du contrôle technique. Une première qui devrait contraindre les usagers désinvoltes sur le suivi des défauts de sécurité, à changer d’attitude.

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En revanche, les députés ont freiné sur un autre terrain. L’idée d’un contrôle annuel pour les voitures de plus de dix ans, avancée par la Commission, a été écartée. Jugée excessive et insuffisamment étayée par des données probantes en matière de sécurité routière, la mesure ne passera pas. Le rythme actuel est maintenu, au grand soulagement de plusieurs États membres.

La réforme s’attaque également à un fléau bien connu du marché de l’occasion, la fraude au kilométrage. Le texte prévoit désormais une traçabilité renforcée. Les ateliers devront consigner le kilométrage lors des interventions significatives, tandis que les constructeurs alimenteront les bases de données nationales via les véhicules connectés. Le dessein est limpide, il s’agit de fiabiliser l’historique des voitures et ainsi mieux protéger les acheteurs. Cela pourrait être la transposition à l’échelle européenne du modèle belge Car-Pass très efficace, notamment pour cibler les importations frauduleuses.

Dernier assouplissement, plus pratique celui-là, la possibilité de passer son contrôle technique dans n’importe quel État membre. Un certificat temporaire de six mois serait délivré, avant un retour obligatoire dans le pays d’immatriculation. Une mesure pensée pour les travailleurs mobiles et les étudiants expatriés, souvent piégés par des échéances administratives mal synchronisées.

Reste que ce vote n’est qu’une étape. Le texte doit encore être validé en séance plénière, puis négocié avec chacun des États membres. Il est peu probable qu’il soit remis en cause mais la mise en œuvre concrète prendra du temps. Une chose est acquise cependant, l’Europe commence enfin à aligner ses règles sur les derniers progrès de la construction automobile. Elle devra penser à l’avenir à mieux les anticiper.

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