Le Rassemblement national (RN) a annoncé, le 15 juillet 2025, qu'il ne voterait pas la motion de censure déposée par la gauche sur le projet de loi de finances. Cette décision offre un répit inespéré à la majorité présidentielle, qui redoutait un rejet du budget et une crise politique.
Une décision stratégique du RN
Selon Marine Le Pen, présidente du groupe RN à l'Assemblée nationale, le choix de ne pas censurer le budget repose sur la volonté d'éviter une instabilité supplémentaire. "Nous ne voulons pas plonger le pays dans l'incertitude alors que les Français ont besoin de visibilité", a-t-elle déclaré. Le RN craint également que le rejet du budget n'entraîne des élections législatives anticipées, dont l'issue serait incertaine.
Les réactions au sein de la majorité
Du côté de la Macronie, le soulagement est palpable. Le Premier ministre, Gabriel Attal, a salué "une décision responsable" qui permet de "continuer à travailler pour les Français". Cependant, certains députés de la majorité expriment leur mécontentement face à cette dépendance au RN. "Nous ne pouvons pas nous reposer sur les voix de l'extrême droite pour gouverner", a confié un député sous couvert d'anonymat.
Les critiques de l'opposition
La gauche, à l'origine de la motion de censure, dénonce un "marché de dupes". Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise, a estimé que "le RN et la Macronie sont désormais alliés objectifs pour faire passer un budget d'austérité". Les socialistes et les écologistes partagent cette analyse, déplorant que le gouvernement survive grâce au soutien implicite de l'extrême droite.
Un budget controversé
Le projet de loi de finances prévoit une réduction des dépenses publiques de 10 milliards d'euros, principalement dans les ministères sociaux. Il inclut également une hausse de la fiscalité sur les carburants, vivement critiquée par le RN. Malgré cela, le parti de Marine Le Pen a choisi de ne pas s'opposer, estimant que "le chaos serait pire".
Quelles conséquences pour la suite ?
Ce vote de non-censure permet au gouvernement de poursuivre l'examen du budget, mais il fragilise sa position politique. La majorité relative à l'Assemblée nationale dépend désormais du bon vouloir du RN pour chaque texte important. Les prochains mois s'annoncent délicats, avec notamment la réforme des retraites et le projet de loi sur l'immigration. La question d'une dissolution de l'Assemblée reste ouverte, mais elle semble peu probable à court terme.



