Bègles : la liste écologiste « Deuxième Saison » fusionne avec LFI pour le second tour
La liste « Vivons Bègles ensemble – Deuxième Saison », menée par le maire sortant écologiste Clément Rossignol Puech, a tenu son premier meeting public jeudi 19 mars, marquant le lancement officiel de sa campagne fusionnée avec la liste du député La France insoumise (LFI) Loïc Prud'homme. Devant environ 220 personnes réunies salle Jean-Lurçat, les responsables ont justifié cette alliance par la nécessité de rassembler la gauche et les écologistes, tout en renvoyant leur adversaire Christian Bagate du côté droit de l'échiquier politique.
Une fusion justifiée par la cohérence politique
Clément Rossignol Puech a immédiatement placé son discours sous le signe de l'unité : « Notre responsabilité est claire, il faut rassembler, rassembler, rassembler », a-t-il déclaré, insistant sur la cohérence de cette fusion entre les deux tours. La liste fusionnée compte 41 noms, intégrant neuf colistiers de Loïc Prud'homme, tandis que le député LFI apparaît en fin de liste. Cette configuration témoigne d'un compromis entre les deux formations, après une campagne qui n'a pas été « un chemin de roses », selon les termes des participants.
Les intervenants écologistes, socialistes, communistes et issus de la société civile ont exprimé un certain soulagement à faire cause commune. Laure Desvalois, militante écologiste, a rappelé : « Cette union n'est pas un coup d'essai. En 2022, la Nupes, en 2024, le Nouveau Front populaire : on a soutenu à deux reprises, massivement, le député. En 2025, on a essayé d'avoir un front de gauche, un socle fort à Bègles. Ici, il y a du sens à faire campagne pour, on est en cohérence. »
Loïc Prud'homme évoque une union nécessaire
Le député LFI Loïc Prud'homme a pour sa part souligné : « Nous avons plaisir à fusionner, à nous retrouver sur cette liste d'union ». Il est revenu sur « la volonté initiale de faire l'union large de la gauche et des écologistes », reconnaissant que « nous n'avons pas réussi à trouver l'équilibre. Ce n'est pas si grave, et les Béglais ont eu à trancher de ce que nous n'avons pas su trancher. »
Clément Rossignol Puech a présenté cette fusion non comme subie, mais comme une évolution naturelle : « C'est une histoire qui s'écrit, une gauche responsable qui s'élargit. Après l'arrivée du PC en 2020, c'est un nouveau tournant en 2026 avec l'entrée de La France insoumise dans la majorité municipale. »
Un programme commun axé sur le social et l'écologie
Le programme de la liste fusionnée a été rapidement présenté, reprenant des éléments du projet de Loïc Prud'homme :
- Gratuité des services municipaux pour les familles modestes
- Kit de rentrée scolaire
- Centre local de santé « sans dépassement d'honoraires »
- Objectif « zéro enfant à la rue »
- Mise à l'abri des femmes violentées grâce à « un réseau de propriétaires »
- Végétalisation du cœur de ville place du XIV-Juillet et barrière de Bègles
Christian Bagate renvoyé à la droite
Face à cette union de la gauche, le maire sortant a vigoureusement attaqué son adversaire Christian Bagate, qui mène une liste classée divers. « Il se dit apolitique, comme Talence, Villenave-d'Ornon ou Gradignan, mais il siège avec tous les élus de droite de la Métropole », a affirmé Clément Rossignol Puech. Pour étayer ses accusations, il a énuméré plusieurs votes de Christian Bagate dans l'hémicycle métropolitain :
- Contre l'encadrement des loyers
- Contre une subvention allouée au tiers-lieu la Zone à partager du XIV-Juillet
- Contre « le troisième plan vélo et bus express »
- Il n'a pas voté la mise en régie de la distribution de l'eau
Le maire sortant a conclu : « S'il n'était pas de droite, il aurait pu différencier son vote. » Cette sortie intervient alors que l'équipe de Christian Bagate avait agité mercredi soir « l'épouvantail LFI », selon les termes utilisés lors du meeting.
La réunion de jeudi, bien que moins fréquentée que celle de Christian Bagate la veille (qui avait rassemblé 350 personnes au même endroit), marque ainsi un tournant dans la campagne municipale béglaisse, avec une gauche unie face à un adversaire présenté comme appartenant à la droite, malgré ses dénégations.



