Élections municipales dans le Val de l'Eyre : onze listes pour cinq communes en pleine mutation
Dans le Val de l'Eyre, territoire situé à la lisière des Landes et du bassin d'Arcachon, les élections municipales des 15 et 22 mars prochains s'annoncent particulièrement animées. Onze listes se présenteront dans les cinq communes concernées, toutes sans étiquette à l'exception notable de celle du Rassemblement national à Belin-Béliet. Cette effervescence électorale s'inscrit dans un contexte de fort développement démographique, transformant progressivement ces anciens villages en petites villes attractives.
Un renouvellement certain dans un territoire en évolution
Une certitude émerge dès à présent : de nouveaux maires seront élus à l'issue du scrutin. Cyrille Declercq à Belin-Béliet et Emmanuelle Tostain à Lugos ont en effet choisi de ne pas se représenter, ouvrant la voie à une recomposition politique. Cette évolution démographique aura évidemment un impact significatif sur le vote, alors que ces communes proches de Bordeaux et du Bassin d'Arcachon attirent toujours plus d'habitants.
Belin-Béliet : l'incertitude maximale avec trois listes en lice
Belin-Béliet constitue sans conteste la commune où le suspense électoral est le plus palpable. Le départ du maire sortant n'a pas permis l'émergence d'une personnalité de sa majorité, laissant le champ libre à plusieurs candidats :
- Bernard Rablade (Vivre Belin-Béliet), élu d'opposition et retraité du CEA Cesta, déjà expérimenté en politique
- Redouane Louaazizi (Dynamisons Belin-Béliet naturellement), ancien des Forces spéciales qui avait réalisé près de 30% des voix en 2020
- Patrick Fayada (Rassemblons Belin-Béliet 2026) pour le Rassemblement national, bien implanté localement et comptant sur les 52% obtenus par son parti aux législatives de 2024
Une triangulaire au second tour apparaît comme une hypothèse très probable dans cette configuration.
Le Barp : trois listes pour une bataille incertaine
Dans la commune du Barp, la maire sortante Blandine Sarrazin (Le Barp en action) fait face à une opposition recomposée. Sophie Piquemal, conseillère départementale socialiste, a en effet créé une liste sans étiquette (Unis pour Le Barp) en alliance avec l'autre groupe d'opposition mené par Nicolas Marion. En 2020, leurs deux listes totalisaient 50% des voix, ce qui en fait une candidate sérieuse pour la mairie.
Une troisième liste s'est ajoutée à la mi-février avec Fabrice Machado (Le Barp, bon sens et bienveillance), fonctionnaire de police et président d'une association d'arts martiaux, qui revendique une approche pragmatique.
Salles : un duel serré autour de projets antagonistes
À Salles, l'ambiance contraste avec celle de 2020, marquée par une campagne plus apaisée entre le maire sortant Bruno Bureau (Unis pour Salles) et son challenger Mathieu Rolin (Agir pour Salles). La bataille programme contre programme s'est cristallisée autour de l'avenir du château communal :
- Bruno Bureau souhaite en faire un lieu culturel et associatif majeur
- Mathieu Rolin préconise sa vente, estimant que la commune n'a pas les moyens de sa rénovation
Saint-Magne et Lugos : des configurations différentes
À Saint-Magne, la maire sortante Ghislaine Charles (Continuons ensemble) brigue un deuxième mandat mais affronte une liste menée par Sylvain Moutard (Préparons l'avenir ensemble), ancien adjoint démissionnaire. En revanche, à Lugos, Philip Verfaillie (Lugos, notre village, votre avenir), actuel adjoint aux finances, est le seul candidat en lice, éliminant tout suspense électoral dans cette commune.
Ces élections municipales dans le Val de l'Eyre reflètent ainsi les transformations d'un territoire en pleine mutation, où les enjeux locaux s'entremêlent avec les dynamiques démographiques et politiques régionales.



