Un premier tour sous tension dans la Ville rose
Le cri de joie qui a retenti vers 21 heures a probablement réveillé toute la rue Raymond-IV à Toulouse. Au quartier général de Jean-Luc Moudenc, le maire sortant divers droite candidat à un troisième mandat, les bénévoles étaient scotchés depuis des heures devant leurs écrans et leurs tableurs Excel. Ils scrutaient chaque résultat pour anticiper, appréhender et analyser les premières tendances de la soirée. Pizzas avalées à la hâte, ambiance studieuse et électrique : le premier tour des élections municipales est désormais derrière eux.
Une soirée moins palpitante que le rugby ?
Pourtant, le match du XV de France contre l'Angleterre a généré bien plus de suspense à Toulouse que ce scrutin. Le candidat sortant partait dans les sondages à 33%, talonné par le chef de la Gauche unie François Briançon à 30% et François Piquemal de La France Insoumise à 23%. La Ville rose, réveillée par le coup de pied de Ramos, n'a pas boudé les urnes pour autant. Et c'est le même hurlement, qu'il vienne des supporters du rugby ou de l'équipe de Moudenc, qui a retenti quand les premières estimations sont tombées : l'édile sortant est nettement en tête.
La surprise Piquemal face à Moudenc
La grande surprise de la soirée, cependant, c'est François Piquemal. L'insoumis bondit de la troisième à la deuxième place, tandis que François Briançon, parti dans une position « extrêmement floue » selon le maire sortant, se voit sanctionné. Le premier tour s'est achevé dans une tension palpable après ces derniers sondages très serrés.
Déjà les manœuvres pour le second tour
En attendant les résultats définitifs, l'horizon de deux candidats de gauche se tend, sans l'afficher ouvertement. L'équipe de Jean-Luc Moudenc fait déjà des courbettes pour récupérer des voix au second tour, notamment du côté de l'extrême droite. En coulisse, l'un d'entre eux a pu glisser que « ce ne sont pas des électeurs fachos ». Le maire, lui, se dit « ouvert » à toute voix.
« Un esprit de rassemblement et non pas de brutalisation »
Jean-Luc Moudenc reste lucide, dans le paysage national actuel, et ses mots parlent d'eux-mêmes : face à une gauche potentiellement unie, il pourrait tout perdre. « Rien n'est joué, le second tour s'annonce serré », lâche-t-il. « Entre le danger mélenchoniste et le large rassemblement municipal que je propose, les Toulousains devront choisir. Le seul bulletin de vote efficace contre le mélenchonisme, c'est le mien, c'était vrai avant le premier tour et c'est vrai pour le deuxième. Je présente un esprit de rassemblement et non pas de brutalisation. »
Si ce premier tour ressemblait encore à un vote de préférence politique, selon lui, le second, insiste-t-il, « ce n'est pas une question d'étiquette ». Une tentative, encore, pour oublier le mur rose et rouge face à lui. Serein ? Il sourit : « 37% ce n'est pas 50% ».
Les chiffres qui confirment la tendance
Selon l'estimation Ipsos BVA CESI pour France Télévisions, Radio France et Public Sénat/LCP-AN, Jean-Luc Moudenc obtient 37,3% des voix devant François Piquemal (27,2%) et François Briançon (24,7%). L'estimation Ifop-Fiducial pour TF1, LCI et Sud Radio le donne même à 38,8% devant Piquemal (27,3%) et Briançon (24,1%).
Un second tour décisif et explosif
Bref, à Toulouse le match est loin d'être terminé. Un second tour serré et explosif se profile, surtout si les gauches décident de conclure un accord. La semaine à venir sera décisive, autant pour Jean-Luc Moudenc que pour son opposition. Les Toulousains devront trancher lors d'un scrutin qui promet d'être intense et déterminant pour l'avenir de la ville.



