Louis Sarkozy face au scepticisme des Mentonnais pour les municipales
Sarkozy confronté au doute des Mentonnais aux municipales

Un accueil glacial pour Louis Sarkozy à Menton

Malgré le soleil méditerranéen qui caresse les façades ocre de Menton, dans les Alpes-Maritimes, Louis Sarkozy a essuyé un vent de froideur lors d'un petit-déjeuner en terrasse. Le candidat LR, également soutenu par Horizons et Renaissance aux élections municipales, s'est heurté à l'hostilité d'Alain, un habitant d'origine corse installé depuis cinquante ans dans la cité du citron. « Je ne serre pas la main aux trous du cul », a lancé ce dernier, refusant de saluer ce qu'il considère comme un « parachuté » et un « arriviste ».

Le fils de l'ancien président défend sa légitimité

Habitué des plateaux télévisés, Louis Sarkozy ne semble pas décontenancé par cette interaction qu'il qualifie d'« assez rare » depuis qu'il multiplie les contacts avec les Mentonnais. « Je préfère celui qui me critique à celui qui ne me connaît pas », rétorque-t-il, soulignant son engagement de terrain. « Le capital médiatique ça aide, reconnaît-il. Mais je veux être dans la proximité : je suis tous les jours à ma permanence, je ne refuse jamais un rendez-vous, je n'écourte jamais une conversation… »

Installé depuis un an et demi dans la commune avec son épouse et son nouveau-né, le chroniqueur télé - qui a mis en pause ses activités médiatiques pendant la campagne - cherche à rassurer les électeurs sur son ancrage local. « L'enjeu est de faire comprendre aux gens que je suis là pour deux, pour trois, pour plusieurs mandats », insiste-t-il, blouson de cuir noir et casque de moto à portée de main. Confiant, il ajoute : « Je pense qu'on a réussi à le faire à travers le programme, la liste et les gens qui m'entourent ».

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Le débat sur le parachutage politique

Louis Sarkozy défend farouchement son « externalité », y voyant même un avantage pour Menton. « Les Mentonnais sont plus des montagnards que des pêcheurs, plus des Ligures que des Grecs… Il y a une identité très fière ici, et pourtant, ils ont toujours été chercher un maire ailleurs », argumente cet amateur de citations de Kipling, Roosevelt ou Desproges. Il rappelle que ses prédécesseurs, Jean-Claude Guibal (maire de 1989 à 2021) puis Yves Juhel (édile de 2021 à 2026), n'étaient pas non plus originaires de la commune.

Pourtant, en cette matinée de février, de nombreux habitants ne cachent pas leur scepticisme. « On ne le connaît ni d'Eve, ni d'Adam », s'agace Léa en avalant son café. « Je ne comprends pas pourquoi il vient ici, ni comment on peut vouloir être maire d'une ville qu'on ne connaît pas ». Sa mère, Michelle, abonde : « Il n'y a que les Mentonnais qui peuvent parler de la ville », assure-t-elle, déterminée à aller rencontrer le candidat pour lui dire ses quatre vérités.

Entre rejet et espoir de renouveau

« Le 23 mars, il repart », plaisante Jacqueline, attablée avec elles, faisant référence au second tour prévu le 22 mars. Les trois femmes débattent des problématiques locales : vie chère, logements insuffisants, manque d'attractivité pour les jeunes… « On fait nos sous et on se débrouille, le maire qu'est-ce qu'il va faire ? », soupire la Mentonnaise, qui affirme ne plus vraiment croire en la politique.

Mais d'autres voix se font entendre. « Il n'est pas de Menton, et alors ? », nuance un commerçant anonyme derrière son comptoir. « On en a marre des vieilles machines, il faut du renouveau ». La jeunesse constitue justement le pari de Louis Sarkozy, 28 ans, connu pour ses petites phrases à fort potentiel médiatique. Sa déclaration sur son amour pour les mangues et les citrons a d'ailleurs fait le tour des réseaux sociaux.

« Je me retrouve dans sa jeunesse, il sera plus à l'écoute. Et la politique, il a baigné dedans, il va avoir de l'expérience », imagine Jean, vendeur au cœur des halles, tout en assurant « ne pas avoir de favori ».

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Une campagne à plusieurs visages

Dans cette ville de 31 000 habitants décrite comme ayant « une mentalité de village », la candidate sans étiquette Sandra Paire mise sur son expérience et sa notoriété locale. L'ancienne adjointe du maire Jean-Claude Guibal, passée à l'opposition, n'a pas obtenu l'investiture LR qui lui a préféré Louis Sarkozy. Elle avait dénoncé cette décision privilégiant « le nom » plutôt que « la loyauté » dans une vidéo où elle découpait sa carte du parti. « Je suis une femme libre », revendique-t-elle désormais.

« Dans les médias, on a l'impression qu'il n'y a que deux candidats à Menton : Louis Sarkozy et la députée RN Alexandra Masson, déplore-t-elle. Mais moi ça fait 53 ans que je vis ici, les gens me connaissent en dehors de la politique ». La quinquagénaire reste confiante malgré sa condamnation à trois mois de prison avec sursis et deux ans d'inéligibilité dans une affaire de prise illégale d'intérêts, pour laquelle elle s'est pourvue en cassation.

Les pronostics des habitants

« Pour les municipales, les promesses ça y va », plaisante Antonio, dont la famille est arrivée à Menton en 1958. Attablé avec ses amis retraités, il observe d'un œil amusé la table du fils de l'ancien président. « Il est intelligent, il finira troisième », analyse son compère Robert, le nez dans son journal.

Face aux pronostics, Louis Sarkozy philosophe : « Si je perds on dira que c'était gagnable, si je gagne on dira que c'était facile. Mais le risque de la défaite est tellement petit par rapport à la beauté de notre aventure ».

Les candidats déclarés pour les élections municipales à Menton sont :

  • Florent Champion (liste « Menton en action »)
  • Laurent Lanquar-Castiel (divers gauche)
  • Louis Sarkozy (Horizons, LR et Renaissance)
  • Alexandra Masson (RN)
  • Sandra Paire (DVD)
  • Émilie Ria (Reconquête !)