Municipales 2026 à Ramatuelle : Jean-Pierre Frésia élu à cinq voix près, un village divisé ?
Ramatuelle : Frésia élu à 5 voix près, village divisé ?

Municipales 2026 à Ramatuelle : une victoire historique à cinq voix près

L'élection municipale de 2026 à Ramatuelle restera dans les annales comme l'une des plus serrées de France. Ce dimanche 22 mars 2026, après des heures de dépouillement fébrile à l'Espace Albert-Raphaël, Jean-Pierre Frésia l'emporte finalement sur son adversaire Michel Franco avec seulement cinq voix d'avance. Un résultat qui marque la fin de l'ère Albert Raphaël/Roland Bruno et pose la question d'un village potentiellement coupé en deux.

Une soirée électorale tendue et historique

L'ambiance était électrique dans la salle de dépouillement où les deux finalistes, anciens colistiers, tournaient comme des lions en cage entre les tables. « J'entends Frésia tout le temps ! », plaisantait nerveusement Michel Franco au fil des ouvertures d'enveloppes. Un observateur présent sur place glissait : « Je crois que ce soir c'est l'un des votes les plus serrés de France... ». La prédiction se vérifia après 19 heures avec cet écart infime de cinq bulletins.

Malgré la possibilité d'un recomptage, Michel Franco, dans un geste fair-play, balaya cette option d'un revers de manche. Le maire sortant Roland Bruno, visiblement ému, déclarait : « Je suis désolé de ne pas avoir amené ma liste jusqu'au bout et de ne pas avoir réussi à marcher dans les traces de Roland Bruno... Je tenais à soutenir Michel qui était dans ma continuité. Je suis donc forcément déçu... Vous verrez qu'il va y avoir de gros changements. Espérons que l'environnement soit préservé... ».

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Analyse d'une campagne divisée

Bruno Goethals, tête de liste en 2020 avec 21,41 % des voix, analysait la situation : « Je suis convaincu que Roland Bruno a pris trop de place dans la campagne Franco. Pour les indécis et ceux qui voulaient le changement, cela lui a porté préjudice. Je n'ai d'ailleurs soutenu aucun des candidats pour cette raison ». Bien qu'il quitte le conseil municipal, il annonce « réactiver ses mandats associatifs » pour continuer à jouer un rôle dans la vie locale.

Danielle Mitelmann, ex-troisième adjointe de Roland Bruno et en position éligible sur la liste Franco, exprimait son émotion : « Nous n'avions pas fini... Ce dimanche ce sont 25 ans qui fondent. C'était ma vie... », sans présager de son rôle futur dans ce conseil qui tourne une page historique.

Jean-Pierre Frésia : « Maire de tous les Ramatuellois »

Le nouveau maire élu, Jean-Pierre Frésia, a immédiatement adopté une posture rassembleuse. Faisant fi des querelles partisanes, il a tenu à saluer son prédécesseur : « Cette expérience acquise je la dois aussi à Roland. Il m'a fait une totale confiance. Je me suis régalé 12 ans à tes côtés ! », adressant ces mots avec un sourire au maire sortant qu'il qualifia de « guide ».

Il décrit une campagne « éprouvante » mais « correcte », et se présente résolument comme le « maire de tous les Ramatuellois » malgré la division des voix. « Dès ce lundi nous allons nous mettre au travail en étant particulièrement actifs sur nos grandes idées que sont le parking souterrain et le périscolaire ! », a-t-il annoncé, montrant sa détermination à passer rapidement à l'action.

L'opposition se prépare à siéger

Michel Franco, représentant quasiment 50 % des électeurs, a confirmé qu'il siégerait au conseil municipal pour les quatre sièges qui lui reviennent. Concernant les trois autres noms de sa liste, il reste plus évasif : « Nous verrons... Tout cela se décidera après une réunion avec l'équipe, mais je compte bien défendre notre vision du village ».

Cette élection extrêmement serrée à Ramatuelle s'inscrit dans un contexte régional de scores très tendus, comme à Draguignan ou Six-Fours, où la question des recours devant le tribunal administratif se pose inévitablement. À Ramatuelle cependant, les protagonistes semblent pour l'instant privilégier l'apaisement et le travail municipal à la contestation juridique.

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