Au cœur du 12e arrondissement de Paris, le quartier général de campagne de Rachida Dati a connu une soirée électorale particulièrement tendue et silencieuse. Pendant de longues heures, des dizaines de journalistes ont patienté dans une petite salle, dans une attente interminable, à l'exception notable du Nouvel Obs, dont l'accès avait été interdit par l'équipe de la candidate.
Une attente interminable avant l'arrivée de la candidate
Alors que les premiers résultats commençaient à tomber aux alentours de 20 heures un peu partout en France, l'incertitude demeurait complète pour la capitale. Le camp de l'ancienne ministre de la Culture précisait alors qu'elle « était toujours présente à la mairie du 7e arrondissement ». Une poignée de militants scrutaient anxieusement leurs téléphones portables, dans l'espoir de voir apparaître les premières indications significatives.
Ce n'est que vers 21 heures que la candidate est finalement arrivée au QG en berline, accueillie par les applaudissements d'une poignée de militants rassemblés à l'extérieur. Mais cet instant de liesse fut de courte durée. Rachida Dati s'est immédiatement enfermée avec son cercle proche dans une petite pièce, laissant planer un silence lourd de sens pendant quarante-cinq longues minutes.
Des résultats décevants et un appel au rassemblement
Lorsqu'elle a finalement pris la parole sur scène, les résultats étaient tombés, et ils se révélaient plutôt mauvais pour la tête de liste LR et MoDem à Paris. Selon une enquête Ipsos BVA Cesi pour France Télévisions, Radio France et Public Sénat/LCP-AN, le candidat de la gauche Emmanuel Grégoire (PS-Les Ecologistes-PCF) obtenait 36,4 % des voix, loin devant les 24,8 % de Rachida Dati.
La division de la droite comme principal obstacle
La situation se compliquait davantage avec le maintien probable au second tour de Pierre-Yves Bournazel (Horizons-Renaissance) et peut-être même de Sarah Knafo (Reconquête !), créditée d'environ 10 % des suffrages. « La division affaiblit le camp de l'alternance et du changement », a déploré Rachida Dati, ajoutant que « la victoire est possible, elle a une exigence, c'est le rassemblement et la mobilisation ».
Dans un geste significatif, l'ancienne ministre a pris soin de saluer les campagnes de Pierre-Yves Bournazel et de Sarah Knafo, reconnaissant ainsi qu'elle aurait bien besoin des voix du centriste et de la zemmouriste pour remporter la mairie de Paris. Un scénario que redoutaient pourtant ses équipes depuis plusieurs jours.
Une stratégie qui semble compromise
« Notre rôle, c'est de mettre Knafo et Bournazel sous la barre des 10 % », confiait l'un de ses lieutenants la semaine précédente. Cet objectif semble désormais difficile à atteindre, ce qui explique peut-être l'ambiance particulière qui régnait au sein du QG ce dimanche soir.
Les très rares soutiens présents se montraient particulièrement discrets. « Pour le moment, on n'a rien à dire… on attend les résultats définitifs », balayait l'un d'eux. « Je ne préfère pas parler », ajoutait un autre, témoignant de la gêne palpable.
Des militants plus loquaces que l'entourage
À l'extérieur du QG, ce sont finalement de « simples » militants de droite qui répondaient aux sollicitations des caméras. « J'espère que la droite va gagner. Et oui, je pense que Pierre-Yves Bournazel doit s'allier avec Dati », poussait l'un d'eux, une position qui semblait visiblement agacer l'entourage immédiat de la candidate.
Rachida Dati, elle, avait déjà quitté son QG lorsque ces échanges avaient lieu. Seule lueur d'espoir pour la droite dans cette soirée difficile : la qualification au second tour de la candidate insoumise Sophia Chikirou, qui pourrait compliquer la tâche d'Emmanuel Grégoire et redistribuer les cartes pour le scrutin décisif.
Les résultats définitifs des élections municipales à Paris des 15 et 22 mars 2026 seront disponibles sur 20 Minutes, permettant de mesurer l'ampleur réelle du défi qui attend Rachida Dati pour les jours à venir.



