Municipales à Pauillac : un scrutin ouvert et tendu
Sur les quais de Pauillac, baignés d'un soleil printanier, la campagne municipale s'invite jusque sur les terrasses des cafés. « Sur les réseaux, c'est tendu », confient trois jeunes femmes, d'une vingtaine d'années, salariées dans un commerce de la ville. Elles évoquent un sentiment d'insécurité palpable. « Il faudrait plus de caméras », glisse l'une d'elles, disant faire confiance à la candidate du Rassemblement National, Anne Charry. « On veut se sentir plus en sécurité au quotidien », insiste une autre.
Deux visions de la commune
Un peu plus loin, le regard diffère sensiblement. « La ville redevient attractive, elle est vue comme agréable », estime Corinne Billault, agente immobilière. « Des retraités et des familles arrivent. Les transactions sont dynamiques. » Elle pointe néanmoins un manque de commerces et des contraintes réglementaires qui freinent les ventes d'immeubles. Deux visions d'une même commune, à l'image d'un scrutin plus ouvert que jamais.
Résultats du premier tour : le RN en tête
Le 15 mars, Anne Charry est arrivée en tête du premier tour avec 42,20 % des voix, soit 674 suffrages. Elle devance Philippe Barraud, qui a obtenu 29,56 % (472 voix), et le maire sortant Florent Fatin, relégué en troisième position avec 28,24 % (451 voix). Ce résultat confirme une progression significative du RN dans cette commune. En 2020, Grégoire de Fournas, ancien député frontiste et aujourd'hui deuxième sur la liste d'Anne Charry, avait recueilli 422 voix au premier tour.
À l'inverse, Florent Fatin recule de 88 bulletins. Élu en 2014 puis en 2020, le maire centriste paie en partie les divisions internes de sa majorité. Deux de ses anciens colistiers, Philippe Barraud, ex-premier adjoint, et Julie Costa, ancienne adjointe, ont chacun conduit leur propre liste. Une dispersion des voix qui a ouvert un espace considérable au RN.
Un front républicain se dessine
Dès le lendemain du premier tour, Florent Fatin a choisi de se retirer. Après une réunion de sa liste, il a appelé à voter pour Philippe Barraud afin de « faire barrage » au RN. Même consigne du côté de Julie Costa. Sans fusion de listes, un front républicain se dessine clairement à la veille du second tour.
Les enjeux du second tour
Philippe Barraud, de sensibilité divers droite mais à la tête d'une liste sans étiquette, assume pleinement cet objectif de barrage. Il met en avant un projet de développement économique autour du tourisme et de l'œnotourisme, avec l'ambition de « redonner de la dignité » à la commune. Face à lui, Anne Charry insiste sur la nécessité de « ramener de la sérénité » à Pauillac, en mettant l'accent sur la sécurité, tout en dénonçant une stratégie de blocage de ses adversaires. Elle revendique une réserve de voix qui pourrait peser lourd au second tour.
Le report de voix devrait être déterminant ce 22 mars, mais la progression du RN entre 2020 et 2026 rebat les cartes de manière inédite. L'arrivée largement en tête d'Anne Charry face à un front républicain qui s'organise autour de Philippe Barraud promet un second tour particulièrement serré et scruté de près.



