Paris : après le premier tour, les alliances stratégiques détermineront le second tour
Paris : les alliances stratégiques clés pour le second tour

Paris : après le premier tour, les alliances stratégiques détermineront le second tour

Le premier tour des élections municipales à Paris a livré ses résultats, et c'est désormais le temps des calculs stratégiques pour les différents camps politiques. Le candidat socialiste, Emmanuel Grégoire, a réalisé une performance remarquable en recueillant quasiment 38% des suffrages, bénéficiant d'une dynamique favorable incontestable. Cependant, la question centrale demeure : peut-il l'emporter sans s'allier à La France Insoumise (LFI) ?

La droite tente de se rassembler face à la dynamique socialiste

Dans le camp adverse, la principale figure de droite, Rachida Dati, vient d'annoncer qu'elle travaille activement à « un projet d'alternance » avec Pierre-Yves Bournazel, le candidat Horizons. Bournazel apparaît désormais comme l'homme qui peut faire basculer l'élection. Leurs voix cumulées représentent environ 37%, soit presque autant que celles d'Emmanuel Grégoire.

Mais cette simple addition des voix masque une réalité plus complexe. La dynamique en faveur du député socialiste, ancien premier adjoint d'Anne Hidalgo, est bien plus forte que prévu. Il creuse un écart de plus de dix points avec sa principale opposante de droite. « La contre-performance que réalise Rachida Dati ne va sans doute pas mobiliser l'électorat de droite. Il n'y a pas de dynamique sur son nom », analyse Olivier Rouquan, politiste.

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Les conditions de Bournazel pour une alliance

Durant la campagne, Pierre-Yves Bournazel avait fermement rejeté toute alliance au second tour. Mais il semble s'être ravisé, posant désormais trois conditions préalables à un ralliement officiel :

  • Rejeter toute alliance avec l'extrême droite et tout vote commun avec Sarah Knafo, la candidate Reconquête qui a obtenu plus de 10% des voix au Conseil de Paris.
  • Réformer intégralement le système périscolaire.
  • Changer le ton de la campagne, une allusion claire aux sorties controversées de Rachida Dati, qui a régulièrement attaqué les journalistes et multiplié les outrances pendant la campagne.

Un ralliement paraît donc possible, mais est-ce si simple ? Les voix du candidat centriste se reporteront-elles automatiquement sur Dati ? Pour Olivier Rouquan, rien n'est certain. « L'électorat sera très partagé entre une forme d'abstention, un vote pour Dati, voire un vote à gauche », prévient le chercheur associé au Cersa.

La gauche refuse toute alliance avec LFI

De son côté, Emmanuel Grégoire a été catégorique : il ne fera pas jeu commun avec La France Insoumise. « Je l'ai dit des dizaines de fois et je ne vais pas changer. Il n'y aura pas de ralliement. Je tends la main à tous les électeurs qui ne veulent pas que Dati soit maire », a-t-il déclaré.

Bruno Cautrès, chercheur au Cevipof, confirme cette position : « Emmanuel Grégoire fait la course en tête et a toujours tenu le même discours. Je pense qu'il ne bougera pas, d'autant qu'en cas d'accord avec la France insoumise, cela pourrait mobiliser davantage l'électorat de droite ».

Le dilemme de la gauche radicale

À la gauche du candidat socialiste, Sophia Chikirou maintient sa candidature au second tour, conformément à la stratégie nationale de son parti. Mathématiquement, si tous les électeurs de La France Insoumise votaient à nouveau pour elle, le match serait extrêmement serré. Mais l'union de la gauche et des écologistes peut espérer une forme de vote utile en faveur d'Emmanuel Grégoire.

« L'électorat de gauche n'a quand même pas envie d'avoir Dati. Il peut y avoir un vote stratégique », analyse Bruno Cautrès. Olivier Rouquan ajoute : « Il leur faudra arrondir les angles pour que les électeurs ne se braquent pas et que LFI ne mette pas toute son énergie à faire perdre l'alliance d'Emmanuel Grégoire ».

Ce à quoi Emmanuel Grégoire répond avec mesure : « Cela peut se faire sans drame, poliment et respectueusement ».

Les résultats définitifs des élections municipales à Paris seront connus les 15 et 22 mars 2026, mais d'ores et déjà, les alliances stratégiques se dessinent comme le facteur déterminant de cette élection capitale pour la ville lumière.

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