PFAS : six mois après, la loi contre les polluants éternels reste lettre morte
PFAS : la loi contre les polluants éternels inappliquée

Six mois après son entrée en vigueur, la loi visant à restreindre l'usage des PFAS, ces substances chimiques surnommées « polluants éternels », n'est toujours pas appliquée, faute de moyens. Les associations de défense de l'environnement et plusieurs élus locaux dénoncent un abandon pur et simple de la part des autorités.

Un cadre législatif prometteur mais sous-financé

Adoptée en décembre 2025, la loi prévoyait l'interdiction progressive des PFAS dans les ustensiles de cuisine, les cosmétiques et les vêtements imperméables, ainsi que la mise en place d'un fonds de dépollution. Cependant, le décret d'application n'a jamais été publié, et les services de contrôle manquent cruellement de personnel et de budget.

Selon un rapport interne du ministère de la Transition écologique, seuls 15 agents sont affectés à la surveillance des PFAS sur l'ensemble du territoire, un chiffre jugé « totalement insuffisant » par les experts. Le fonds de dépollution, doté de 20 millions d'euros, est également jugé dérisoire face aux coûts estimés à plusieurs milliards d'euros.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Des industriels en profite

En l'absence de contrôles, plusieurs industriels continuent d'utiliser les PFAS dans leurs processus de fabrication. L'association Générations Futures a mené une enquête auprès de 50 entreprises et révèle que 40 % d'entre elles n'ont pas modifié leurs pratiques. « Sans moyens de contrôle, la loi est une coquille vide », déplore son porte-parole.

Les collectivités locales, elles, sont confrontées à la contamination de leurs ressources en eau. Plusieurs communes de la région Auvergne-Rhône-Alpes ont détecté des taux de PFAS dépassant les seuils de sécurité, sans pouvoir agir faute de financements pour des systèmes de filtration.

Un appel à la mobilisation

Face à cette situation, un collectif d'élus et d'associations a lancé une pétition réclamant le déblocage urgent des moyens nécessaires à l'application de la loi. « Nous ne pouvons pas accepter que la santé publique soit sacrifiée sur l'autel de l'inaction », écrit le maire de Grenoble, Eric Piolle, signataire de l'appel.

Le gouvernement, de son côté, assure travailler à la publication des décrets et promet un renforcement des effectifs de contrôle d'ici à la fin de l'année. Mais les associations restent sceptiques, pointant un manque de volonté politique.

Alors que la pollution aux PFAS est désormais documentée dans toutes les régions de France, l'urgence d'agir se fait chaque jour plus pressante. Les polluants éternels, eux, ne disparaîtront pas sans une action déterminée et des moyens à la hauteur de l'enjeu.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale