Municipales à Nîmes : vers une union de la droite face au RN et à la gauche
Les négociations post-premier tour battent leur plein à Nîmes où une fusion entre les listes de Franck Proust (Les Républicains) et Julien Plantier (Divers droite) se profile clairement. Une officialisation est attendue dans l'après-midi de ce lundi 16 mars 2026, marquant un tournant décisif dans la campagne pour la mairie.
Un second tour à haut risque
À l'issue du premier tour, quatre listes se sont qualifiées dans l'ordre suivant : Julien Sanchez (Rassemblement national) avec 30,39% des voix, Vincent Bouget (gauche) avec 30,05%, Franck Proust (LR) et Julien Plantier (DVD). Alors que Vincent Bouget a annoncé qu'il déposerait sa liste en préfecture dès lundi après-midi, les candidats de droite prennent un peu plus de temps pour leurs arbitrages.
Julien Sanchez, arrivé en tête, adopte une position d'attente stratégique. Le candidat RN peut observer les manœuvres de ses adversaires et pourrait même récupérer certains colistiers évincés en cas de fusion à droite, renforçant ainsi son discours d'ouverture. Déjà, plusieurs anciens élus de la majorité sortante de Jean-Paul Fournier ont rejoint ses rangs.
Une fusion sous tension
La perspective d'union entre Franck Proust et Julien Plantier n'est pas sans difficultés. Les deux hommes ont affiché leurs divergences pendant des mois de campagne. Si Julien Plantier a immédiatement appelé à la fusion dimanche soir, renforcé par son écart inférieur à 5% avec Franck Proust, tous ses partisans ne partagent pas cet enthousiasme.
"Dans son camp, tous ne sont pas adeptes de cette vision et ont déjà fait savoir que cela se ferait sans eux", note-t-on dans l'entourage des candidats. L'ancienne candidate Renaissance Valérie Rouverand, bien que promise à une bonne place sur la liste fusionnée, pourrait elle aussi ressentir amèrement ce rapprochement.
Négociations marathon
Après consultation de ses colistiers dimanche soir, Franck Proust s'est finalement rangé à l'idée d'une fusion. Les discussions se sont poursuivies jusqu'à 4 heures du matin avant de reprendre à 9 heures ce lundi. Le représentant LR a prévenu son équipe qu'il y aurait "des déçus" et que "tout le monde ne serait pas repris".
Certains colistiers ont compris qu'ils étaient écartés simplement parce qu'ils n'ont pas été conviés à la réunion cruciale prévue vers 15 heures. En attendant, Laurent Burgoa pour le camp Proust, ainsi que Xavier Douais et Julien Devèze pour le camp Plantier, sont chargés de fusionner les deux listes en une seule.
Les discussions portent actuellement sur l'attribution de 15 à 16 places parmi les 25 premières à l'équipe de Julien Plantier, qui espère encore améliorer ce score. Le mauvais résultat de Franck Proust et de la droite traditionnelle nîmoise, incarnée depuis 25 ans par Jean-Paul Fournier, impose un renouvellement dont la liste Plantier se veut le vecteur.
L'union de la dernière chance
Cette fusion est perçue des deux côtés comme l'ultime recours pour "faire barrage aux extrêmes". Franck Proust et Julien Plantier considèrent en effet que l'élection de Julien Sanchez (RN) ou de Vincent Bouget (gauche) représenterait un risque équivalent pour l'avenir de Nîmes.
Les enjeux sont considérables alors que le second tour s'annonce particulièrement serré. Les électeurs nîmois devront trancher entre trois projets politiques distincts dans une ville où les équilibres politiques pourraient être durablement modifiés.



