Nice 2026 : La guerre fratricide entre Ciotti et Estrosi pour la mairie
Nice 2026 : Ciotti contre Estrosi, la bataille fratricide

Nice 2026 : La guerre fratricide entre Ciotti et Estrosi pour la mairie

La scène est surréaliste. Ce 28 août, au pied de la mairie de Nice, Éric Ciotti, l'ancien président des Républicains connu pour sa réserve, arbore un col de chemise ouvert et une casquette floquée à son nom. Entouré de militants en tee-shirts bleu électrique et coiffés du même couvre-chef jaune, il lance sa campagne pour les élections municipales de 2026 avec un slogan guerrier : « Une armée se lève ! ».

Une rivalité politique devenue personnelle

L'objectif est clair : détrôner Christian Estrosi, le maire (Horizons) en poste depuis dix-huit ans, et s'emparer du bureau municipal. Un militant, goguenard, promet aux policiers municipaux interloqués qu'« Éric passera bientôt les grilles pour s'installer dans le bureau d'Estrosi ». Cette déclaration résume l'atmosphère irrespirable qui règne désormais entre les deux hommes, autrefois compagnons de route au sein de la droite classique, aujourd'hui ennemis intimes.

Éric Ciotti, désormais allié du Rassemblement national après son ralliement spectaculaire, rêve de prendre Nice à son ancien camarade. Cette bataille féroce s'engage sur la Côte d'Azur, transformant la campagne municipale en un conflit personnel aux enjeux nationaux. La scène de lancement, où l'on se claque la bise et l'on chahute joyeusement, transpire l'opération de communication soigneusement orchestrée pour marquer les esprits.

Une campagne qui divise la droite azuréenne

Lors de sa rentrée politique, le 31 août 2025, au Grand Pré de Levens dans les Alpes-Maritimes, Ciotti avait déjà affiché ses ambitions. Aujourd'hui, il capitalise sur son nouveau positionnement au sein de l'alliance avec le Rassemblement national pour séduire un électorat déçu par Estrosi, accusé par certains de trop se rapprocher du centre. Cette stratégie risque de fracturer durablement la droite locale, déjà fragilisée par les recompositions politiques nationales.

Les observateurs notent que Ciotti, souvent qualifié d'« apprenti trumpiste » pour son style plus agressif et ses prises de position radicales, adopte désormais une posture de challenger populiste. Il mise sur un discours de rupture pour attirer les voix mécontentes, promettant un changement radical après près de deux décennies de gestion estrosienne. Cette approche contraste avec l'image plus institutionnelle d'Estrosi, qui défend son bilan et son ancrage local.

Des enjeux qui dépassent le cadre municipal

Cette élection ne se limite pas à une simple querelle de clocher. Elle symbolise les luttes intestines qui déchirent la droite française, entre loyalistes du parti traditionnel et ralliés à l'extrême droite. La victoire de l'un ou de l'autre pourrait avoir des répercussions significatives sur l'équilibre des forces politiques dans la région, voire influencer les stratégies nationales des différents camps.

Alors que la campagne vient à peine de commencer, les tensions sont palpables. Les partisans de Ciotti, galvanisés par son nouveau statut, promettent une mobilisation sans précédent pour « libérer Nice » de l'emprise d'Estrosi. De son côté, le maire sortant, fort de son expérience et de ses réseaux, prépare une défense acharnée de son fief. Les mois à venir s'annoncent donc particulièrement agités sur la Promenade des Anglais, avec des affrontements médiatiques et politiques qui risquent de monopoliser l'attention bien au-delà des frontières de la métropole azuréenne.